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Trafic d’espèces protégées en Guyane

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En cette année internationale de la biodiversité, les agents du Service Mixte de Police de l’Environnement (Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage / Office National de l’Eau et des Milieux Aquatiques) ont constaté la présence en Guyane d’un individu suspect qui était à la recherche de grenouilles à venin (Dendrobates tinctorius).
 
Ces grenouilles font l’objet d’un trafic récurent du fait de leur grande valeur. D’une part ce sont des grenouilles très colorées qui attirent les collectionneurs de nombreux pays. Ces différences de coloration dépendent de l’origine de la population et certains spécimens peuvent avoir des variations de taille et de couleur très importante ce qui augmente leur rareté et donc leur prix.
D’autre part ces grenouilles possèdent une glande à venin interne qui a une toxicité plusieurs milliers de fois supérieure à celle de la cocaïne.
 
Ces molécules encore peu étudiées aujourd’hui font notamment l’objet de convoitises par de grands laboratoires pharmaceutiques. Il s’agit de bio-piraterie qui prend de l’ampleur depuis ces dernières années. Il faut rappeler que le trafic qui concerne la faune sauvage arrive au troisième plan au niveau international après le trafic d’armes et de stupéfiants. La valeur des dendrobates est estimée à environ 400 euros pièce mais certains spécimens peuvent largement dépasser cette somme.
Les dendrobates sont des espèces reprises à l’annexe 2 de la Convention de Washington relative au contrôle du commerce international et sont interdites d’exportation du département de la Guyane par l’arrêté ministériel du 15 mai 1986.
 
Grâce aux informations transmises par l’ONCFS, le 1er avril (c’est pourtant bien vrai !) les agents des douanes ont contrôlé cette personne d’origine grecque et de nationalité allemande alors qu’elle s’apprêtait à quitter la Guyane. 43 dendrobates et un crapaud feuille vivants ont été découverts alors qu’ils étaient dissimulés dans des boites de pellicules photos, elles même cachées dans des sous vêtements usagés. Cette personne travaille pour un grand laboratoire et a déclaré être venue en Guyane française afin de prélever et de ramener en Allemagne des dendrobates.
Ce dernier a été jugé en comparution immédiate au tribunal de Cayenne et condamné à 1200 euros d’amende et à 4 mois de prison avec sursis.
 
Les dendrobates, endémiques de trois espaces différents en Guyane, ne peuvent pas être relâchées en milieu naturel car leur secteur d’origine reste inconnu. Elles sont prises en charge par le centre de soins de Macouria.

Il faut souligner la collaboration exemplaire entre les services de l’ONCFS de l’ONEMA et de la douane, qui luttent au quotidien pour enrayer les trafics de faune sauvage.
 
Avril 2010
 
 
Eric HANSEN
Délégué inter-régional Outre Mer
ONCFS