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Première nationale : reproduction d’un couple de Cygnes ...

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Le 21 juin 2012, un couple de cygnes chanteurs est observé sur la Dombes accompagné de 3 jeunes âgés de 1 mois.

Une nouvelle espèce comptabilisée lors d’un comptage flash

La biodiversité, souvent malmenée, reste toutefois dynamique. L’apparition d’une nouvelle espèce dans une région, a fortiori dans notre pays, revêt certes un intérêt naturaliste indéniable, mais suscite surtout de nombreuses interrogations. 

 

L’Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage (ONCFS) organise annuellement en Dombes, un « comptage flash ». Mis en place depuis 2002, c’est en quelque sorte une photographie destinée à évaluer l’évolution de certains indicateurs biologiques : par exemple l’évolution des pratiques d’assec sur les étangs, les tendances démographiques d’espèces « à problème » comme le Cygne tuberculé, ou patrimoniales, comme la Guifette moustac. Ainsi, fin juin plusieurs centaines d’étangs sont visités et décrits par une vingtaine d’agents de l’établissement. 

 

cygnes chanteurs En 2012, la surprise vient du Nord : le 21 juin, un couple de cygnes chanteurs est détecté durant cette opération, accompagné de 3 jeunes âgés d’un mois environ. L’événement est exceptionnel : il s’agit d’une première nationale. Au plus près, l’espèce se reproduirait à près de 1000 km au Nord-est de nos frontières.

 

La présence de l’espèce avait déja été relevée en période d’hivernage ces dernières années, avec notamment l’observation : 

- d’un groupe de 12 oiseaux au cours de l’hiver 2010-2011 :la présence de cette espèce septentrionale soulignait la rudesse d’un hiver rigoureux dans notre pays, et surtout dans le Nord-ouest de l’Europe. et hivernage constituait la 6ème mention de cette espèce dans cette région d’étangs. La dernière remontait à 1998 et au plus 7 oiseaux avaient stationné en 1985. 

- de 2 oiseaux en 2011-2012 à 4 km du site de cantonnement printanier de 2011, suivi d’une tentative probable de reproduction d’un couple au cours du printemps suivant, à 2km du site de reproduction effective de cette année ! 

Une telle observation suscite plusieurs questions

- existe-t-il un lien entre le couple présent au printemps 2011 et celui qui réussit sa reproduction en 2012, éloignant l’hypothèse d’une origine captive des oiseaux ?

- un tel évènement relève-t-il d’une dynamique plus générale (mais donc à l’inverse des évènements liés à un réchauffement global), avec d’autres cas de reproduction, non encore référencés, plus près de nos frontières, en Allemagne par exemple, ou au contraire d’un enchainement de facteurs comme la succession de deux hivers particulièrement froids et tardifs, d’un accident physique ou physiologique touchant un des oiseaux ?

 

L’avenir fournira peut-être les réponses à d’autres interrogations :

- cet événement demeurera-t-il du domaine de l’accidentel ou marque-t-il le début d’une colonisation pérenne ?

- quelle migration, quelle dispersion, quel retour pour une espèce qui atteint ici le seuil méridional de sa distribution hivernale ?

- et, par comparaison, on relativisera les nombreuses hypothèses afférentes cette fois à la dynamique récente du Cygne tuberculé : de la part de l’expansion naturelle, et de celle des introductions.

 

Quoiqu’il en soit, une information prochaine est envisagée auprès des dombistes : elle a déjà été entreprise auprès d’un certain nombre d’acteurs sur le site de reproduction : chasseurs, exploitants agricoles et piscicoles.

 

En effet, alors que l’on reconnaît la fragilité croissante de l’écosystème, tout événement suggérant une expansion, a fortiori lorsqu’elle concerne une espèce protégée (comme récemment celles du Cygne tuberculé, du Grand cormoran, ou encore de la Grande aigrette) peut être interprété localement comme une nouvelle menace potentielle pour l’outil patrimonial et économique qu’est l’étang. Et au final ralentir tout processus destiné à le conserver.