La Bernache cravant

Imprimer la page Version PDF de la page Transmettre cette page Nous contacter Agrandir le texte Réduire le texte

 

 

Sommaire

 

Critères de reconnaissance

Répartition géographique
Caractères écologiques
Statut juridique
Etat des populations et menaces potentielles

Propositions de gestion

Etudes et recherches à promouvoir
Bibliographie

 

 

 

La Bernache cravant à ventre sombre Branta bernicla bernicla Classification (Classe, Ordre, Famille) : Aves, Ansériforme, Anatidés
 

 

Deux sous-espèces sont présentes en France uniquement en période d’hivernage :

- la Bernache cravant à ventre sombre (Branta bernicla bernicla), de loin la plus commune et la plus nombreuse .

- la Bernache cravant à ventre pâle (Branta bernicla hrota), représentée par quelques centaines d’individus sur la presqu’île du Cotentin (Normandie).
 

 

 

Critères de reconnaissance
 

 

Les points communs à toutes les bernaches cravants sont leur petite taille, leur cou réduit et leur petite tête par comparaison avec d’autres espèces d’oie comme l’Oie cendrée (Anser anser). Le plumage de la bernache cravant à ventre sombre, semblable chez les deux sexes, présente une couleur d’aspect noir , sauf au niveau de la partie
postérieure du ventre qui est blanche (coloration plus ou moins claire des flancs et du ventre chez la bernache cravant à ventre pâle).
Le cou des adultes se caractérise par une tache ou un collier blanc de taille variable.
 

 

Les jeunes se différencient des adultes par la présence de 3 ou 4 liserés blancs sur chaque aile, seul critère fiable de détermination de l’âge. La tache au niveau du cou, qui peut être notée chez les jeunes bernaches, apparaît au cours de l’hiver.

Confusions possibles
En dehors de l’aspect plus ou moins clair des flancs et du ventre, les adultes et les jeunes de l’année de la sous –espèce à ventre pâle ont les mêmes caractéristiques du plumage que la sous-espèce à ventre sombre. Il est ainsi facile de les confondre sur les lieux d’hivernage où elles cohabitent.
 

 

Répartition géographique

 

Espèce paléarctique, la bernache cravant à ventre sombre occupe une aire de répartition géographique très vaste : zone de reproduction sur le littoral arctique de la Sibérie, haltes migratoires post et prénuptiales en mer des Wadden et en mer Blanche, quartier d’hivernage le long des côtes ouest européennes (Allemagne, Danemark, Pays-Bas, Angleterre et France). En France, le bassin d’Arcachon représente la limite sud de son aire d’hivernage.
 

Reproduction
La bernache cravant se reproduit sur la côte nord de la Russie en bordure de l’océan arctique. Le principal site de nidification et de mue se situe sur les toundras maritimes de la région de Taymir (mi-j uin/mi-août)
 
Migrations post et prénuptiales
Les migrations de la bernache sont relativement bien connues grâce aux dénombrements mensuels effectués dans le nord-ouest de l’Europe et au suivi et à l’observations d’individus marqués (bagues de couleur, balises ).
Dés la mi-août, après la mue, les bernaches accompagnés de leurs jeunes, entament la migration d’automne qui va les mener vers leurs quartiers d’hiver européens. Elles passent le long de la Mer Blanche russe en y faisant une brève halte puis atteignent début septembre la partie occidentale de la Mer Baltique. Ensuite, elles arrivent en Mer des Wadden où sont notés des pics d’abondance entre la mi-septembre et la mi-octobre. Les premières arrivées des hivernants en Angleterre et en France sont enregistrées fin septembre-début octobre.
 

La migration prénuptiale se déroule essentiellement de mars à avril pour la population française et anglaise. La population totale se concentre ensuite en Mer des Wadden (partie orientale) jusqu’en mai, puis atteint ses zones de reproduction russe à la mi-juin, en empruntant la même route migratoire qu’à l’automne.
 

 

Hivernage
Les bernaches fréquentent principalement un quartier d’hiver situé en zone tempérée, limité aux baies et aux estuaires de la Mer du Nord, de la Manche et de l’Atlantique français, où les individus se dispersent d’octobre à mars. Elles exploitent aussi dans certains pays les zones cultivées.
Les sites d’hivernage sont très concentrés dans l’espace et se limitent à quelques localités dans chaque pays.
 

 

Distribution de l’espèce en France
 

 La bernache cravant fréquente de mi-septembre à avril les baies et les estuaires du littoral Manche-Atlantique. Les sites d’hivernage de cette oie se limitent à quelques localités exclusivement maritimes, du Cotentin au bassin d’Arcachon.
Chaque hiver, la bernache cravant stationne régulièrement en moyenne sur 40 sites dont 26 sont situés sur des espaces où existent des mesures de protection réglementaires (réserve de chasse maritime , réserve naturelle, zone de protection spéciale, sites Natura 2000, sites
 Ramsar). Trois pôles d’hivernage ont été mis en évidence : le sud de la Bretagne (golfe du Morbihan et abords), la Charente-Maritime (île de Ré, Moeze-Oléron) et le bassin d’Arcachon.
 

La répartition des oiseaux révèle l’importance de 10 sites d’intérêt international pour l’espèce, qui accueillent chacun au minimum 2000 individus : la baie du Mont Saint-Michel (3 5/50), la baie de Morlaix/Trieux (22), la baie de Saint-Brieuc/Yffiniac (22), la baie de Quiberon (56)le golfe du Morbihan (56), la presqu’île guérandaise (44), la baie de Bourgneuf (85), l’île de Ré, la baie de Moeze-Oléron (17) et le bassin d’Arcachon (33), premier site d’hivernage français. Les sites d’importance nationale (effectif égal ou supérieur à 1000 individus) sont au nombre de 8
 

 

Le suivi des stationnements depuis 30 ans au niveau des principaux sites montre un glissement vers le sud de la population au cours de l’hiver. Ainsi, le centre d’hivernage principal s’est déplacé du golfe du Morbihan avant 1980, vers la Charente-Maritime dans les années 1980 et, depuis 1992, le bassin d’Arcachon.
Le golfe du Morbihan est essentiellement utilisé comme site de pré-hivernage avec un maximum d’individus en novembre. Les sites charentais (île de Ré, baie de Moeze-Oléron), fortement occupés de novembre à mars, jouent un rôle de plus en plus notable en début de saison depuis 1993-1994. Le bassin d’Arcachon est le site numériquement le plus important pour l’hivernage proprement dit (40% de la population française en janvier)
 

 

Caractères écologiques
 

 

Utilisation de l’espace et activités
Les bernaches stationnent en France sur des sites soumis au cycle des marées, les grandes vasières littorales. Strictement inféodées au milieu maritime, elles ont un rythme quotidien d’activités étroitement lié à l’accessibilité des ressources alimentaires :

  • rythme nycthéméral (alimentation diurne, repos nocturne) lorsque la recherche de nourriture s’effectue sur le schorre ou pré salé.
  • rythme tidal (alimentation pendant la basse mer, le flux et le reflux, repos pendant la haute mer) lorsque la recherche de nourriture s’effectue pendant la phase d’exondation des vasières intertidales (principalement herbiers de Zostères) et des fonds sablo-vaseux (principalement algues vertes).

75%des sites abritent plusieurs habitats alimentaires. Le plus souvent, on retrouve par site l’association Zostères + algues vertes.

Les bancs de sable et les prés salés sont les principaux types d’habitat de repos et sont souvent présents sur un même site. Dans 50% des cas, les oiseaux stationnent à la fois sur l’eau et sur pied. En général, le rythme tidal, et notamment l’importance du coefficient de marée, détermine la localisation spatiale des habitats de repos dont le nombre peut varier au cours de la journée et au cours de la saison.
 

 

Les distances entre les habitats alimentaires et de repos varient selon les sites : dans 35% des cas, il n’y a pas ou peu de déplacements entres les remises et les gagnages, alors que pour 40% des cas, les distances varient entre 1 et 5 kms. La distance remises-gagnage peut dépasser certains jours 5 kms sur un seul site : le bassin d’Arcachon.
 
Régime alimentaire et potentialités trophiques des milieux
Le régime alimentaire des bernaches, espèce strictement herbivore, comprend typiquement des végétaux de la slikke (Zostères, Zostera marina et Zostera noltii ; algues vertes, Ulva sp. et Entermorpha sp.) et du schorre (principalement une graminée, Puccinellia maritima). Les ressources alimentaires disponibles et accessibles sont en perpétuelle évolution sous l’influence de facteurs liés aux végétaux (dynamique des peuplements) et des facteurs locaux (aménagements, pollution, etc..). La situation des potentialités trophiques du littoral français se caractérise par :

  • prés salés : tendance à la stabilité sur quelques sites (baie du Mont Saint-Michel).
  • zostères : diminution au bassin d’Arcachon et dans legolfe du Morbihan et augmentation sensible en baie de Bourgneuf et en Charente-Maritime.
  • algues : tendance majoritaire à la stabilité des surfaces, voire une légère augmentation en Charente-Maritime.

Il apparaît ainsi une relation étroite entre la disponibilité de la nourriture et l’abondance numérique des stationnements de bernache, ce qui explique notamment le glissement vers le sud de la population au cours de l’hivernage, du sur de la Bretagne vers la Charente-Maritime et le bassin d’Arcachon.
La recherche de nourriture en milieu terrestre (prairies naturelles et artificielles, céréales d’hiver) est marginale à l’échelle du pays et concerne moins de 3% de l’effectif total présent en janvier, ce qui représente un nombre maximum de 500 à 2300 individus selon les années pour un effectif moyen de 100.000 oiseaux à cette époque.
Le bilan national de la fréquentation des cultures par les bernaches révèle une occupation ponctuelle et irrégulière sur les terrains sub-littoraux en bordure des baies de Saint-Brieuc et de Saint-Jacut (22), de la baie de Vilaine et du golfe du Morbihan (56).
 

 

Actuellement, les conflits avec l’agriculture, sans commune mesure avec ceux existant dans les autres pays d’hivernage (Angleterre, Allemagne, Pays-Bas) se limitent à deux localités (baie de Bourgneuf, île d’Oléron).
Ce phénomène de fréquentation des cultures constaté depuis plus de 25 ans en baie de Bourgneuf et depuis plus de 10 ans sur l’île d’Oléron semble correspondre aux années où la proportion de jeunes oiseaux est importante. Il faut y ajouter en baie de Bourgneuf les conditions météorologiques qui, lorsqu’elles sont défavorables, incitent les bernaches à trouver refuge dans les polders plus abrités.
 

 

Statut juridique

 

Espèce protégée dans tous les pays de l’aire de répartition, excepté en Russie.
 

Espèce protégée en France depuis 1962 (décret du 5 avril 1962 et arrêté ministériel de 1981).

 

Espèce listée en annexe II (2) de la Directive Oiseaux , signifiant que la bernache peut être chassée seulement dans les Etats membres pour lesquels elle est mentionnée (Allemagne, Danemark).

La chasse de cette espèce au Schleswig-Holstein (Allemagne) est interdite depuis 2002 et n’est pas autorisée au Danemark. Des autorisations de tir sont délivrées en Angleterre pour prévenir les dommages importa nts aux cultures (article 9 de la Directive)

 

Espèce listée en annexe III de la Convention de Berne et en annexe II de la Convention de Bonn
 

Espèce listée en catégorie B2b dans l’Accord sur les Oiseaux migrateurs d’Afrique-Eurasie (AEWA), signifiant que cette population compte plus d’une centaine de milliers d’individus et est considérée comme nécessitant une attention particulière en raison de sa dépendance à un type d’habitat gravement menacé.
 
Etat des populations et menaces potentielles

 

Etat des populations
Depuis le début du XXème siècle, cette espèce est bien suivie à l’échelon international et les effectifs sont connus avec une bonne précision. Estimée à 15.000 individus en 1955, la population a augmenté sensiblement au début des années 1970 puis s’est fortement accrue jusqu’au début des années 1990 avec un effectif mondial estimé à 220.000 à 315.000 oiseaux selon les années en fonction du succés de reproduction.

 

Aujourd’hui, la population est estimée à 245.000 oiseaux avec une tendance au déclin. Ce déclin est lié en partie à une diminution du taux de reproduction et à un faible taux de survie consécutif à un effet de densité dépendance sur les zones de reproduction arctique où le manque de sites de nidification appropriés est le principal facteur limitant. Une augmentation de la compétition alimentaire avec la bernache nonnette, espèce en pleine explosion démographique, sur les haltes migratoires printanières en Mer des Wadden ou en Mer Blanche est aussi évoquée, bien que non prouvée à ce jour.
 

 

Les effectifs en France ont suivi une évolution parallèle : estimée à 50.000 oiseaux dans les années 1975-1985, la population a doublé son effectif en l’espace de dix ans (1985-1995) pour atteindre plus de 100.000 oiseaux à la mi-janvier à partir de 1992. Depuis 1995, l’effectif se stabilise autour de 100.000 individus en janvier avec d’importantes fluctuations annuelles. Depuis la saison 2001/2002, l’effectif est supérieur à 100.000 oiseaux et semble en augmentation ces dernières années (pic de 147.700 individus en janvier 2006)
La France accueille selon les années prés de 50% de la population mondiale.
 

 

Menaces potentielles
Elles sont liées à la régression des habitats et au dérangement par les activités récréatives.
 

 

Les habitats : les aménagements touristiques et portuaires ont largement entamé l’espace intertidal tandis que de nombreux marais littoraux ont été drainés pour la culture ou, au contraire, totalement abandonnés.

La régression de l’habitat alimentaire en milieu naturel, lié au développement de la conchyliculture, apparaît actuellement comme la menace principale.

La pêche à la palourde « japonaise » (Venerupis philippinarum) entraîne la destruction de l’herbier de zostères et par conséquent une réduction substantielle de la capacité d’accueil des sites sur lesquels cette activité est pratiquée (golfe du Morbihan par exemple).

La pollution des eaux littorales entraînant une eutrophisation responsable de la diminution des herbiers de zostères est aussi citée comme menace au niveau européen.
 

En général, le développement des cultures marines, la pêche à pied ou professionnelle, l’invasion du chiendent maritime sur les prés salés sont considérées aujourd’hui comme les principales menaces potentielles et/ou existantes sur les habitats fréquentés par les bernaches.
 

 

Les dérangements par les activités récréatives : en plus du dérangement par la pêche à pied ou professionnelle, les activités les plus perturbatrices sont par ordre décroissant la planche à voile, les promeneurs avec chiens, le kayak de mer, le flying surf, les randonneurs et le scooter de mer. Le dérangement par la chasse est considéré comme secondaire.
Ainsi, l’utilisation récente des cultures sur l’île d’Oléron serait due probablement à une pression de dérangement par les pêcheurs à pied sur les zones traditionnelles de stationnement des bernaches sur le domaine maritime.
 

 

 

Propositions de gestion

 

Sous l’égide de l’AEWA, un plan d’action international pour la bernache cravant à ventre sombre est en cours de finalisation et devrait être adopté définitivement à la prochaine réunion des Parties contractantes en 2012. Le Groupe de travail sur la bernache créé en novembre 2000 à la demande du Comité technique de l’AEWA est chargé de suivre la mise en œuvre de ce plan d’action dans chaque pays clé de l’aire de répartition de cette espèce.
Ce plan d’action international est basé sur le plan de gestion de la voie migratoire de la bernache cravant à ventre sombre élaboré en 1997.
L’objectif d’ensemble de ce plan d’action international est le suivant : permettre à la bernache d’atteindre un niveau soutenable de la population en tenant compte des exigences de l’espèce (en terme d’habitats) tout au long de son cycle annuel et des intérêts socio-économiques.
 

Le plan présente des objectifs opérationnels à long terme et mesurables , ainsi que des choix de gestion par pays pour atteindre ces objectifs. Les objectifs opérationnels sont classés en quatre catégories avec des degrés de priorité variables selon les pays (élevé, moyen, faible) : dérangement minimal de l’espèce, bonne qualité des habitats, habitats en quantité suffisante et réduction des conflits avec l’agriculture.
 

Pour la France, les options/actions de gestion à mettre en œuvre par objectif opérationnel sont les suivantes :
 

 

 

Objectif international : dérangement minimal de l’espèce
Degré de priorité : élevé
Options/actions de gestion au niveau national :

  • améliorer le statut de protection des zones importantes de repos et d’alimentation en désignant notamment comme site Ramsar les zones d’alimentation essentielles.
  • établir des zones de quiétude pertinentes (sans dérangement) par la réduction des cultures marines et de la pêche à pied, la réduction des activités récréatives, et la réduction des passages d’avions dans le temps et dans l’espace.
  • encourager la gestion conservatoire des zones initialement importantes pour la bernache cravant avec une attention particulière sur la réduction des dérangements humains. Objectif mesurable : accueil de 3 5-40% de la population totale en hiver.
     

 

Objectif international : bonne qualité des habitats
Degré de priorité : moyen
Options/actions au niveau national :

  • maintenir ou améliorer le statut des habitats naturels de la bernache cravant.
  • encourager la protection de tous les sites naturels et semi-naturels importants pour la bernache cravant. Pour les sites d’importance internationale, le statut de ZPS (Directive Oiseaux) et/ou le statut de ZSC (Directive Habitats) devraient être l’objectif à atteindre. - développer un système de gestion approprié pour les sites protégés.
  • réduire l’exploitation des ressources dans les zones côtières de façon à maintenir leur valeur naturelle. Dans cette optique, la perte d’habitats naturels de la bernache cravant par les cultures marines et la pêche à pied est un problème qui nécessite une réflexion plus approfondie.

Objectif mesurable : inventaire des sites clés, identification des menaces sur les habitats et actions pour l’amélioration des sites.
 
Objectif international : habitats en quantité suffisante
Degré de priorité : faible
Options/actions au niveau national :

  • encourager le rétablissement des anciennes zones d’alimentation des bernaches cravants lorsque cela est possible (par exemple : en réduisant les activités de dérangement dans les habitats naturels, en encourageant la gestion conservatoire avec une attention particulière à la tranquillité des oiseaux, en créant des zones de quiétude pertinentes, ou en limitant la progression du chiendent sur les prés salés )

Objectif mesurable : inventaire des sites où les habitats naturels pourraient être restaurés, liste des sites menacés.
 

Objectif international : réduction des conflits avec l’agriculture
Degré de priorité : faible
Options/actions au niveau national :

  • créer des habitats alternatifs par la gestion des prairies naturelles adjacentes au littoral.
  • augmenter la capacité d’accueil des habitats naturels par la réduction des facteurs de dérangement.

 

Objectif mesurable : inventaire des politiques et des réglementations, actions pour réduire les conflits dans le futur.
 

Exemple de sites ayant fait l’objet de mesures de gestion spécifiques
 

En baie du Mont St-Michel, un programme de réduction du chiendent est en cours dans la réserve de chasse maritime par broyage de la végétation haute associé à un pâturage ovin contrôlé.
 

Dans le golfe du Morbihan, des mesures de réduction du dérangement et de protection des bancs de Zostères ont été prises (interdiction de la pêche à pied dans certains secteurs)
 

En baie de Bourgneuf et sur l’île d’Oléron, les mesures de prévention des dégâts sont la méthode d’effarouchement qui consiste en une combinaison de différents moyens :

  • un effarouchement actif en continu, à l’aide de pistolets 9 mm à fusées pyrodétonantes, qui s’avère efficace si l’effarouchement est réalisé dés l’arrivée des bernaches.
  • un effarouchement statique, associant des canons à gaz disposés sur les cultures qu’il est nécessaire de déplacer régulièrement et dont il faut varier la périodicité de fréquentation.
  • l’utilisation de banderolles fluorescentes au vent et fixées sur des piquets afin de neutraliser une ou plusieurs parcelles de façon temporaire.
     

Etudes et recherches à promouvoir

 

Le problème majeur pour une future gestion de l’espèce doit consister à rendre compatible la pratique de toutes les activités économiques et de loisirs avec la présence des bernaches. Ceci pourra être étudié et réglé dans le cadre de l’application du plan d’action au niveau national, notamment sur les sites Natura 2000.
 

Bibliographie


CZAKOWSKI, A & SCHRICKE, V. (eds) 1999. Atelier Scientifique International ‘Vers une gestion cynégétique européenne de la bernache cravant à ventre sombre Branta b. bernicla’. Vannes, Morbihan-France : 5-7 novembre 1998. FACE/OMPO/ONC, Paris, France, 77 p.
EBBINGE, B.S, HEESTERBEEK , H., ENS, B.J & GOEDHART, P.W. 2002. Density dependent population limitation in dark-bellied brent geese Branta b.bernicla. Avian Science, vol. 2, N° 2 : 63-75.
EBBINGE, B.S, BERREVOETS, C. ., CLAUSEN, P., GANTER, B., GUNTHER, K., KOFFIJBERG, K., MAHEO, R., ROWCLIFFE, M., ST-JOSEPH, A.K., SUDBECK, P. & SYROECHKOVSKIY, E.E. 1999. Dark-bellied Brent goose Branta bernicla bernicla. Pp 284-297 in MADSEN, J., G. & FOX, A.D. (eds). Goose populations of the Western Palearctic. A review of status and distribution. Wetlands International Publ. 48. NERI, Ronde.
VAN NUGTEREN, J. 1997. Dark-bellied Brent goose, Branta bernicla bernicla. Flyway Management Plan. National Reference Centre for Nature Management, The Netherlands, 198 pp.
 

 

Par Vincent SCHRICKE
 

 

retour haut de page