Le Cerf sika

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Cerf sika- Femelle et jeune
Cerf sika-Mâles

 

Le Cerf sika

 

 

Le Cerf sika (Cervus nippon)
Classe des mammifères, 
ordre des artiodactyles, 
famille des cervidés 

 

 

Statut de l’espèce en France : sédentaire

 

 

Répartition géographique

 

Originaire de l’Extrême-Orient (de la Mandchourie et du Japon jusqu’au Vietnam) il a largement été introduit en Europe au 19ième siècle dans des parcs et enclos. Des individus se sont régulièrement échappés ou ont été relâchés volontairement.

En France Il existe quelques populations de cerf sika vivant à l’état sauvage. Elles sont issues de quelques individus offerts par le Mikado en 1890 au Président Carnot. Les animaux qui se sont reproduits dans le parc de Rambouillet (Yvelines) sont à l’origine de toutes les populations françaises vivant généralement dans des parcs clos.

Il existe cependant quelques populations sauvages, la plus grande étant celle d’Armainvilliers (77) qui est estimée à 250 animaux. Dans l’Oise une population a été implantée avant la 2ème guerre mondiale, l’objectif actuel étant de limiter son développement. Dans les Bouches-du-Rhône quelques dizaines d’individus issus d’un enclos (cadeau de l’Empereur du Japon en 1924) se sont installés vers Cadarache. Dans le Calvados une population est installée depuis une dizaine d’années, elle est non éradiquée malgré les efforts des louvetiers et détenteurs de droit de chasse. Dans le Val d’Oise il existe une population sauvage d’une vingtaine d’animaux. Une dizaine de cerfs sika issus d’un enclos est également retournée à l’état sauvage dans le Lot depuis 1990.

 

 

Description de l’espèce

 

L’espèce comprend 16 sous-espèces de gabarit et de morphologie très variables.

 

Cerf sika mâle Un mâle adulte de Sika du Japon pèse 50 à 60 kg pour une longueur de 125 à 165 cm et une hauteur au garrot de 75 à 85 cm.
La femelle pèse de 28 à 40 kg, pour une longueur de 110 à 145 cm et une hauteur au garrot de 65 à 80 cm. Le pelage est brun-rouge en été, ponctué de taches blanchâtres. Une raie dorsale noire est nettement visible. Cerf sika femelle

En hiver la couleur est plus sombre, les taches s’estompent mais le miroir et la queue de 15 cm, blancs, sont caractéristiques. Les poils plus clairs au niveau de l’arcade sourcilière sont caractéristiques et donnent à l’animal un air renfrogné !

La ramure est peu ramifiée et porte au plus 8 andouillers pour une longueur de 60 cm. La chute des bois a lieu en mars-avril.

C’est l’espèce la plus « bavarde » des cervidés, surtout pendant la période d’élevage. Plus de 10 vocalisations différentes sont répertoriées. Ce sont de très bons nageurs et ils sont capables de faire des bonds spectaculaires de 3 à 6 m de longueur.

 

 

Biologie

 

Régime alimentaire

Dans son pays d’origine le cerf sika consomme essentiellement du bambou, qui peut couvrir près de 80 % de ses besoins hivernaux. Mais il possède une très grande flexibilité alimentaire qui lui permet de s’adapter à des milieux très variés. Il peut consommer une centaine de végétaux dans un même milieu.

La base du régime alimentaire est constitué de semi-ligneux (ronce), de graminées et d’herbacées, complétée par des feuillus (érable, frêne, chêne, saule…) et des résineux (sapin, épicéa). Les fougères, fruits, champignons et mousses sont bien consommés. En hiver le cerf sika écorce fréquemment.

L’activité alimentaire a lieu entre le crépuscule et le lever du jour, mais dans des milieux tranquilles il peut aussi avoir une activité plus diurne. En hiver l’activité alimentaire est réduite.

 

Organisation sociale et spatiale

Le cerf sika est une espèce peu grégaire qui a tendance à vivre en petits groupes de taille variable.

Les mâles adultes sont le plus souvent solitaires, mais ils peuvent aussi former des groupes assez instables. Cerf sika - Mâles

Pendant la période d’élevage les femelles sont avec leur jeune de l’année et éventuellement celui de l’année précédente. Elles se regroupent en harde plus importante le reste de l’année.

La taille des groupes varie selon le type de milieu fréquenté, en milieu ouvert on peut trouver des hardes de 40 à 50 animaux alors qu’en milieu forestier la taille moyenne des groupes est inférieure à 2 animaux.

 

Reproduction- longévité- survie

Pendant l’été les mâles commencent à établir leurs territoires de rut sur 2 à 12 ha, les mâles dominés se trouvant à la périphérie de ces territoires ou dans les groupes de femelles. Le rut a lieu de mi septembre à fin novembre selon les régions, le maximum d’intensité étant pendant la deuxième quinzaine d’octobre. Pendant le rut les combats entre mâles sont souvent spectaculaires et violents, ils peuvent s’infliger des blessures sévères, quelquefois fatales. Les mâles suivent les femelles disponibles et tentent de les conduire vers leur territoire où se passe le rut. Un mâle peut avoir jusqu’à 12 femelles.

Cerf sika Femelle et jeune

Quand elles sont gestantes et en période de lactation les femelles deviennent territoriales et défendent l’intrusion des autres femelles sur leur territoire.

 

Les faons naissent de mai-juin à fin août après une gestation de 31 à 33 semaines. On observe une variabilité importante de la date de mise bas.

En général il n’y a qu’un seul faon, mais la biche peut quelquefois donner naissance à des jumeaux. La croissance du faon est très rapide, au 8ième mois ils ont déjà presque la taille adulte. La maturité sexuelle est atteinte entre 16 et 18 mois. En liberté 70 % des femelles sont gestantes, alors qu’en situation de confinement en parc, on observe jusqu’à 70 % de stérilité des femelles.

La longévité en parc peut atteindre 20-25 ans, mais en nature les animaux ne dépassent pas 12 ans. La longévité moyenne est de 8-9 ans, il n’y a pas de différence de survie entre les sexes. La survie des faons qui naissent avec un sex-ratio de 0.5 est de 60 à 70 %.

 

 

Milieux fréquentés

 

Le cerf sika aime les milieux forestiers denses ainsi que les milieux humides. L’altitude ne lui fait pas peur, il est capable de s’habituer à des températures très froides (-40 degrés). Il peut s’adapter aux habitats les plus variés de plaines et de bosquets grâce à sa grande souplesse alimentaire.

Les femelles sont fidèles à leur site de naissance, le domaine vital étant de 20 à 150 ha selon les sites (en moyenne 75 ha). Les jeunes mâles peuvent se disperser jusqu’à une vingtaine de km. Le domaine vital des mâles est environ deux fois plus grand que celui des femelles. En hiver les domaines vitaux sont réduits.

En Europe on n’observe pas de migration saisonnière des animaux.

 

 

Statut juridique

 

Espèce classée gibier soumise à plan de chasse obligatoire (Article 17 de la loi du 29 décembre 1978 – J.O du 30 décembre 1978).

 

 

Statut démographique

 

Il existe quelques populations de cerf sika vivant à l’état sauvage.

La plus grande est celle d’Armainvilliers (77) qui était estimée à 200 animaux avant naissances, avec un prélèvement de 19 têtes en 2003, soit un prélèvement multiplié par 4 en 10 ans.

Dans l’Oise une population a été implantée avant la 2ème guerre mondiale, l’objectif actuel est de limiter son développement. Un cas d’hybridation avec le cerf élaphe en 2004 a été signalé dans ce département.

Dans les Bouches-du-Rhône quelques dizaines d’individus issus d’un enclos (cadeau de l’Empereur du Japon en 1924) se sont installés vers Cadarache.

Dans le Calvados une population est installée depuis une dizaine d’années, elle est non éradiquée malgré les efforts des louvetiers et détenteurs de droit de chasse.

Dans le Val d’Oise une population sauvage d’une vingtaine d’animaux subit un prélèvement moyen de 2 têtes depuis une dizaine d’années.

Une dizaine de cerfs sika issue d’un enclos est également retournée à l’état sauvage dans le Lot depuis 1990 : 1 à 2 animaux sont tirés chaque année.

 

Avant 1993 les prélèvements annuels d’animaux à l’état libre ne dépassaient une trentaine de têtes sur tout le territoire national. Actuellement ce sont de 100 à 180 animaux qui sont prélevés selon les années.

 

 

 Cliquer sur les cartes pour consulter les tableaux de chasse des ongulés sauvages Cerf sika Tableaux de chasse

 

 Evolution des prélèvements du Cerf sika

(données issues du réseau « ongulés sauvages » ONCFS-FNC-FDC)

 


 

 

Source de données  :

L’enquête annuelle « tableaux de chasse départementaux » conduite par le réseau des correspondants cervidés-sanglier ONCFS- FDC jusqu’en 2003, puis par le réseau cervidés-sanglier ONCFS-FNC-FDC jusqu’en 2005 et enfin le réseau ongulés sauvages ONCFS-FNC-FDC fournit l’évolution des prélèvements cynégétiques depuis 1988.

Deux types de données sont enregistrés, les attributions et les réalisations en parcs et enclos et hors parcs et enclos.

 

 

Menaces- Impact sur le milieu ou activités humaines

 

En France, le développement du cerf sika à l’état sauvage est à proscrire à cause du risque de pollution génétique du cerf élaphe (hybridation rare mais possible, produits féconds). De plus, le Sika se plaît dans les milieux forestiers denses et peut causer d’importants dégâts forestiers. Dans les Yvelines ce sont les risques de collisions qui incitent à éradiquer cette espèce.

 

Gestion

 

L’objectif de la plupart des départements est l’éradication des cerfs sika en liberté.

Un nombre important de bracelets est attribué afin qu’un maximum de chasseurs puisse tirer un animal en cas de rencontre.

Dans certains départements il n’y a pas de plan de chasse cerf sika car les animaux échappés de captivité sont soumis à destruction par arrêté préfectoral (louvetiers, battues administratives, force publique).

 

 

Références bibliographiques

 

San E., Klein F., 1995 : Les populations de Daim, de Cerf sika et d’Hydropote en France. Bulletin Mensuel de l’Office National de la Chasse, n°205, Novembre 1995.

 

Saint-Andrieux C., Klein F., Leduc D. & Guibert B. 2006 - Le Daim et le Cerf sika : deux cervidés invasifs en France. Faune sauv., 271 : 18-22

 

Saint-Andrieux C., Pfaff E. & Guibert B. 2009 - Le Daim et le Cerf sika en France : nouvel inventaire. Faune sauv., 285 : 10-15