Le Raton laveur

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Raton laveur


Procyon lotor
Raccoon

 

Classe : Mammifères
Ordre : Carnivores
Famille : Procyonidés 

 Raton laveur

Introduit en France métropolitaine, en Guadeloupe, à Saint-Martin et en Martinique

Présence en France métropolitaine, Guadeloupe, Saint-Martin et Martinique :


Originaire d’Amérique du Nord. Importé en Europe pour la fourrure essentiellement en Allemagne dans les années 30.
Populations florissantes en Allemagne suite aux lâchers d’animaux ou à leur fuite avec expansion sur l’et de la France.

En France, introduction dans l’Aisne vers 1967 à partir d’une ancienne base de l’OTAN. 2 autres foyers, en Auvergne (début des années 2000) et en Gironde (2006-2007), plus récemment avec suspicion d’échappés de parcs zoologiques.
Individus isolés échappés de particuliers ponctuellement observés.

Introduction aux Antilles pendant la première moitié du 19ème siècle à partir de quelques individus.

Statut juridique du raton laveur :

Statut commerce international : aucun statut - Convention CITES 
Statut européen : Espèce préoccupante pour l’Union EuropéenneRèglement d’exécution (UE) 2016/1141 de la commission du 13 juillet 2016
Statut national : Espèce exotique envahissante. Sont interdits sur tout le territoire métropolitain et en tout temps l’introduction sur le territoire, y compris le transit sous surveillance douanière, l’introduction dans le milieu naturel, la détention, le transport, le colportage, l’utilisation, l’échange, la mise en vente, la vente ou l’achat de spécimens vivants de raton laveur (Arrêté du 14 février 2018)

Réglementation liée à la captivité :

En France métropolitaine, tout comme au sein de l’Union européenne (hors régions ultrapériphériques) : détention autorisée uniquement dans les établissements procédant à leur conservation hors du milieu naturel (zoos) avec obligation de marquage. Règlement d’exécution (UE) 2014/1143 de la commission du 22 octobre 2014

Réglementation liée à sa chasse et sa destruction :

Contrôle par la chasse, en application de l’article R. 427-6 du code de l’environnement. Arrêté du 2 septembre 2016.

Il peut être piégé toute l’année et en tout lieu et peut être détruit à tir sur autorisation individuelle délivrée par le préfet entre la date de clôture générale et la date d’ouverture générale de la chasse.

Identification et critères de détermination :


Taille moyenne avec une tête courte et large, un museau court et pointu et de grandes oreilles bien visibles. Poils des joues longs.
Masque facial très contrasté qui débute sur les joues pour s’étirer sur les yeux, lui donnant l’apparence de porter un « loup » noir sur les yeux
Queue touffue comptant cinq à sept anneaux bruns ou noirs délimités par des poils plus clairs, grisâtres ou brunâtres.
Plantigrade, pattes pentadactyles, très sensibles à la stimulation tactile et capables de manipulations délicates.

Pelage : Robe grisâtre
Confusion possible : avec le chien viverrin, le blaireau en métropole – pas de confusion aux Antilles
Longueur tête et corps : 60 - 100 cm
Longueur queue : 20- 40 cm, annelée
Poids : de 2,4 à 7,9 kg (mâles de 10 à 15% plus lourds que les femelles)

Biologie du raton laveur :


Régime alimentaire : omnivore généraliste s’adaptant aux ressources locales : fruits, baies, noix, invertébrés terrestres ou aquatiques, petits vertébrés, amphibiens, melons, pastèques (aux Antilles)

Comportement social : solitaire et nocturne. Durant repos hivernal, groupes dépassant le cadre familial pouvant parfois se former.
Liens entre mère et jeunes pendant 2 ans. Jeunes d’une même famille restant fréquemment encore en groupe durant quelque temps, avant dispersion individuelle sur des distances de 10 à 20 km environ.

Reproduction du raton laveur : rut de fin janvier jusqu’en mars en métropole - 1 portée par an 
Gestation : 63 (60-73) jours
Mise-bas dans un abri
2 à 8 petits (généralement 3-5) 60-70 g - aveugles 

Ecologie du raton laveur :


Habitat : marécages avec présence de feuillus, forêts de plaines alluviales, marais d’eau douce ou saumâtre, zones agricoles cultivées ou en friches, zones suburbaines résidentielles. Aux Antilles, fréquente les forêts humides, forêts sèches, mangroves, zones suburbaines.

Domaine vital : taille et contours variables selon la disponibilité en gîtes et ressources alimentaires. Chevauchement des domaines vitaux de plusieurs individus (absence d’un comportement territorial très affirmé).
Domaine des mâles adultes généralement plus grand que celui des femmes et des jeunes, et pouvant englober celui de plusieurs femelles.

Etudes et recherches :
La répartition et les contacts avec le raton laveur sont appréciés par les enquêtes menées à un rythme quinquennal, auprès des services de l’ONCFS, des fédérations des chasseurs, des associations de piégeurs agréés.

Une étude de génétique des populations de ratons laveurs est en cours par l’ONCFS avec les partenaires de terrain. Elle a pour objectif d’apprécier la diversité génétique au sein des populations sauvages et des populations captives.

Tendances et répartition du raton laveur en France métropolitaine :


Les populations de ratons laveurs montrent un fort dynamisme ces dernières décennies.

Foyer de l’Aisne : la plus importante population de ratons laveurs en France, avec 51 % de communes où l’espèce a été identifiée au moins une fois depuis 2001 avec colonisation vers l’ouest dans les années 1980. La population marronne issue d’Allemagne semble rejoindre ce foyer de l’Aisne par le Luxembourg et la Belgique.
Foyer d’Auvergne : observations occasionnelles dès la fin des années 1970 dans l’Allier et le Puy-de-Dôme, puis en Haute-Loire. À partir de 2007, multiplication des observations et reproduction en nature constatée.
Foyer de Gironde : les premières observations datent de 2007 et elles deviennent régulières sur certaines communes autour de Cadaujac avec des individus capturés dans des communes plus éloignées.

Répartition du Raton laveur en France depuis 2001

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Consultez la répartition du raton laveur en France

Estimation des prélèvements : espèce dont le prélèvement est autorisé par piégeage et tir. Environ 1500 ratons laveurs sont prélevés en France chaque année dont 4/5 par le piégeage.

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Évolution du nombre de prélèvements de ratons laveurs
(tous modes de destruction et de chasse confondus).
a : dans les départements de l’Aisne, des Ardennes, de la Marne et de l’Oise, entre 1994 et 2012
(pas de données disponibles dans l’Oise et la Marne entre 1994 et 1999).
b : dans les départements d’Auvergne (Allier, Cantal, Haute-Loire et Puy-de-Dôme) entre 1999 et 2013
(sources : FDC et APA).

Tendances et répartition du raton laveur en Guadeloupe, Saint-Martin et la Martinique :
Aucune estimation des effectifs n’est fournie pour ces territoires insulaires ni même de tendance. Il semble néanmoins plus présent en Guadeloupe qu’à la Martinique.

Menaces induites par le raton laveur :


Impact sur ses écosystèmes peu documenté
Prédations notées localement sur les espèces d’oiseaux en période de nidification, sur des amphibiens
Dommages occasionnels sur des cultures (melons, pastèques aux Antilles)
Vecteur potentiel du West Nile Virus, de la rage
Zoonoses Baylisascaris procyon : encéphalites chez oiseaux, mammifères dont l’homme

Pour en savoir plus :

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Dépliant Raton laveur

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Guide « Les vertébrés terrestres introduits en outre-mer et leurs impacts. Guide illustré des principales espèces envahissantes ». Comité français de l’UICN, ONCFS.

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Dépliant « Espèces exotiques envahissantes » (2014)

Publications sur les petits et méso carnivores

 

Bibliographie :

Fischer, M. L., Salgado, I., Beninde, J., Klein, R., Frantz, A. C., Heddergott, M., Cullingham, C. I., Kyle, C. J. and Hochkirch, A. Multiple Founder Effects Are Followed by Range Expansion and Admixture during the Invasion Process of the Raccoon (Procyon Lotor) in Europe. Edited by Brian Leung. Diversity and Distributions, January 2017. doi:10.1111/ddi.12538.

 

Biedrzycka, A., Zalewski, A., Bartoszewicz, M., Okarma, H., Jędrzejewska, E., 2014. The genetic structure of raccoon introduced in Central Europe reflects multiple invasion pathways. Biological Invasions 16, 1611–1625. doi:10.1007/s10530-013-0595-8

 

Alda, F., Ruiz-López, M.J., García, F.J., Gompper, M.E., Eggert, L.S., García, J.T., 2013. Genetic evidence for multiple introduction events of raccoons (Procyon lotor) in Spain. Biological Invasions 15, 687–698. doi:10.1007/s10530-012-0318-6

 

Ruys, T., Coic, C., Cugnasse, J.-M., Steinmetz, J., 2012. Le raton laveur (Procyon lotor), une espèce naturalisée en région Aquitaine ? Arvicola 20, 42–44.

 

García, J.T., García, F.J., Alda, F., González, J.L., Aramburu, M.J., Cortés, Y., Prieto, B., Pliego, B., Pérez, M., Herrera, J., García-Román, L., 2012. Recent invasion and status of the raccoon (Procyon lotor) in Spain. Biological Invasions 14, 1305–1310. doi:10.1007/s10530-011-0157-x

 

Choussy, D., Lemarchand, C., 2011. Le raton laveur, nouvelle espèce d’Auvergne ? L’Affut, bulletin de liaison du groupe mammalogique d’Auvergne 24–25.

 

Léger, F., 2008. Situation, en France, de trois petits carnivores introduits : le Raton laveur (Procyon lotor), le Vison d’Amérique (Mustela vison) et le Chien viverrin (Nyctereutes procyonoides).

 

Heyninck, C., 2007. Quel avenir réserver au raton laveur en Belgique ? Forêt wallonne 1–12.

 

Bartoszewicz, M., Okarma, H., Zalewski, A., Szczesna, J., 2008. Ecology of the raccoon (Procyon lotor) from western Poland. pp. 291–298.

 

Ellis, J.C., Shulman, M.J., Jessop, H., Suomala, R., Morris, S.R., Seng, V., Wagner, M., Mach, K., 2007. Impact of raccoons on breeding success in large colonies of great black-backed gulls and herring gulls. Waterbirds 30, 375–383.

 

Helgen, K.M., Wilson, D.E., 2003. Taxonomic status and conservation relevance of the raccoons (Procyon spp.) of the West Indies. Journal of Zoology 259, 69–76. doi:10.1017/S0952836902002972

 

Léger, F., 2001. Répartition en France de trois petits carnivores introduits.

 

Léger, F., 1999. Le raton-laveur en France. Bulletin Mensuel de l’Office National de la Chasse 16–37.

Pons, J.-M., Volobouev, V., Ducroz, J.-F., Tillier, A., Reudet, D., 1999. Is the Guadeloupean racoon (Procyon minor) really an endemic species ? New insights from molecular and chromosomal analyses. Journal of Zoological Systematics and Evolutionary Research 37, 101–108.

 

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