Gestion des dégâts de castor

Imprimer la page Version PDF de la page Transmettre cette page Nous contacter Agrandir le texte Réduire le texte

Galerie

Photo : Julien STEINMETZ

 

L’aire de répartition du Castor d’Eurasie Castor fiber, s’est progressivement réduite en Europe sous l’effet de sa destruction pour la fourrure, la chair et pour assurer la protection des ouvrages hydrauliques. A la fin du XIXème siècle, il ne restait plus en France que quelques dizaines d’individus localisés dans la basse vallée du Rhône. Protégée depuis 1909, cette souche a été utilisée à partir des années 60 pour des opérations de réintroduction sur divers bassins versants en France. En Aveyron, une opération a été conduite à la fin des années 1980 dans la Dourbie, aux alentours de Millau. Plus en amont, le Parc National des Cévennes avait porté une opération du même type 10 ans plus tôt sur le Tarn. Ces réintroductions, encadrées à l’époque par l’ONC (conseil et capture des animaux destinés à être relâchés), ont été couronnées de succès, les populations s’étant étendues pour devenir jointives assez rapidement.

La population issue des ces deux opérations continue à faire l’objet d’un suivi par le "réseau castor" animé par l’Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage. Ce réseau suit l’évolution de la répartition de l’espèce, et assure le suivi et la gestion des dégâts, en collaboration avec les collectivités locales. En effet, le comportement et le régime alimentaire du Castor peuvent provoquer des conflits avec les riverains des cours d’eau occupés. Les potagers et parcelles cultivées, ainsi que les différentes formes d’arboriculture (peupliers ou fruitiers) peuvent subir des dommages s’ils sont implantés en bord de rivière (90 % des dégâts apparaissent à moins de 30 mètres des berges).


Photo : Julien STEINMETZ

 

Les constats techniques de dégâts sont effectués par les membres du réseau, qui proposent si besoin un panel de mesures de protection adaptées aux territoires. Généralement, la protection mécanique des arbres et cultures est la plus efficace. Il s’agit de poser des manchons de protection individuelle, des palissades adaptées au Castor voire des clôtures électriques, selon les caractéristiques des cultures à protéger. Dans certains cas, la pose de systèmes empêchant l’accès du Castor à certains ruisseaux, voire le déplacement d’individus, peuvent s’avérer nécessaires.

En Aveyron, un système de veille a été mis en place. Il permet d’une part d’intervenir pour du conseil dès qu’un dégât a été signalé, d’autre part d’assurer au besoin le financement des protections et l’indemnisation des dégâts. En liaison avec la DDEA, l’ONCFS assure l’expertise des dégâts et le conseil pour la mise en place de mesures de protection adaptées, les coûts éventuels (souvent peu important) étant pris en charge par le Conseil général de l’Aveyron. Cette réactivité, et le capital sympathie qui entoure l’animal, garantissent au Castor une bonne acceptation de la part du public, et donc un retour réussi dans notre région.