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Habitats des Milieux ouverts et semi-ouverts en région ...

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Habitats des Milieux ouverts et semi-ouverts

en région méditerranéenne

application à la Perdrix rouge et au cortège d’espèces associées

 

 


Sommaire

 

 

Description des biotopes et habitats

 

Le peuplement animal en mauvais état de conservation

 

L’impact des éléments de gestion et d’utilisation des milieux sur le développement des espèces

 

 

 

1. Description des biotopes et habitats

 

En région méditerranéenne, les principaux enjeux en matière de conservation de la biodiversité concernent les milieux ouverts et semi-ouverts, dont l’espèce gibier caractéristique est la Perdrix rouge. De fait, nous ne traiterons pas ici des espèces gibier inféodées aux milieux plus fermés tels que le Sanglier ou le Chevreuil, qui y sont actuellement en phase d’expansion (cf. les fiches concernant ces espèces).

La région méditerranéenne est définie par une combinaison de facteurs climatiques, tels que des étés chauds et secs et des hivers frais ou froids et humides, et de végétation (aire de l’Olivier). Selon ce critère, elle couvre 2.300.000 km² dans 18 pays. Les printemps et automne sont courts, la neige rare sauf en montagne mais les périodes de gel intense ne sont pas rares et peuvent causer beaucoup de dommage. La Perdrix rouge, qui aime surtout les lieux secs et ensoleillés de basse et moyenne altitude, où l’hiver est assez doux, y trouve des conditions climatiques optimales.

 

Zone ventée (surtout vents du nord) du fait des différences saisonnières de température entre masses continentales et la mer, l’ensoleillement y est abondant mais le climat est capricieux et imprévisible, avec des évènements violents (orages, sècheresses prolongées, froids sévères) qui peuvent influer notablement sur la survie de l’espèce.

 

Une étude récente a montré que les aménagements favorables à la Perdrix rouge l’étaient aussi pour l’avifaune à haute valeur patrimoniale de la région, soit parce que ce sont des espèces qui occupent également des zones de lisière, avec prédominance de milieux ouverts, soit du fait que la perdrix peut en être une ressource alimentaire.
La Perdrix rouge affectionne les zones qui présentent une végétation buissonnante de faible hauteur coupée de surfaces découvertes. Ces caractéristiques se retrouvent dans plusieurs types d’habitats présents en région méditerranéenne.

 

  • les paysages agricoles

 
En Provence, les paysages agricoles sont composés d’une mosaïque complexe de champs de blé, vergers, vignes, prairies fauchées, rizières et maraîchers. Les parcelles sont séparées par des haies hautes de cyprès en brise-vent.En Languedoc-Roussillon, la majorité est plantée en vignes depuis la fin du 19ème siècle. Mais une partie n’est plus entretenue aujourd’hui, donnant lieu au développement d’un cortège floristique très différent avec fermeture du milieu.

 

Toutes les zones agricoles sont potentiellement favorables à la Perdrix rouge, avec une apparente préférence pour la vigne. Une alternance de friches, haies, ou autre couvert pour nicher et de cultures (vignes, céréales, …) pour se nourrir lui sont nécessaires.

 

 

 

   

Friche viticole non entretenue à Pailhès viticole (Hérault)

(Photo : F PONCE-BOUTIN ©)

 Habitat diversifié avec de nombreuses haies en zone viticole (Hérault)

(Photo : F. PONCE-BOUTIN ©)

 

  • les steppes sèches et plates

Le meilleur exemple est la Crau. Ancien delta de la Durance, zone de 55 km², elle comporte deux grands types d’habitats, intimement liés l’un à l’autre : le coussouls, lande couverte de cailloux et les prairies humides, avec leur réseau de haies. La Perdrix rouge se rencontre essentiellement dans les zones cultivées ou les bordures et lisières des coussouls, à la recherche de lieux de nidification. Elle est absente des prairies humides, du fait de l’arrosage par submersion qu’elles subissent tous les 10 jours du printemps au début de l’automne.


  • les collines côtières (falaises, garrigues et maquis)

 

C’est le royaume des buissons sempervirents, appelés matorrals. Leurs caractéristiques peuvent beaucoup varier selon les conditions locales et l’historique de leur utilisation. On distingue :

  • les formations à chêne kermès : ce sont parmi les formes les plus dégradées, qui généralement ne dépassent pas 200 mètres d’altitude. La plupart sont le résultat de millénaires d’exploitation et de transformation des forêts anciennes.
  • la garrigue avec le chêne vert pour arbre dominant : bois denses ou ouverts de 4-8 mètres de haut. Le chêne vert est l’arbre dominant. Le feu et la production de charbon ont été pendant des siècles l’utilisation principale de ce type de végétation.

 

La structure de la végétation est l’élément essentiel déterminant la présence ou non de la perdrix. Les secteurs les plus favorables se caractérisent par un faible recouvrement arboré et des strates arbustive et herbacée prédominantes, pas trop haute pour la première (moins de 1 mètre) et avec une dominante de graminées pour la seconde.
 

 

   

Garrigue non entretenue dans les Alpilles

(Photo : F. PONCE-BOUTIN ©)

Garrigue avec de grandes ouvertures dans le Luberon

(Photo : F. PONCE-BOUTIN ©)

 

  • tendances d’évolution

 

En France, sur les 5.000.000 ha sous climat méditerranéen, 2.186.000 ha sont couverts par les forêts et matorrals (43%). Suite à l’abandon de l’agriculture et du pâturage et à l’exode rural, le retour progressif de la forêt et du matorral a lieu au rythme de 1 % par an. Les surfaces couvertes par le Pin d’Alep ont triplé entre 1878 et 1904 et par 2,6 fois entre 1904 et 1978. Dans la même période, les zones cultivées et pâturées ont décliné de 22% à 11 %.

 

Après 10.000 ans ou plus de co-habitation, la plupart des écosystèmes méditerranéens sont si inextricablement liés aux interventions humaines que l’avenir de la diversité biologique ne peut être déconnecté de celui des activités humaines. Ces processus de fermeture des milieux mènent à une diminution des paysages typiques « mosaïque en mouvement » qui sont caractéristiques de l’aire méditerranéenne et bénéfiques à la diversité biologique.

 

Schématiquement, les paysages méditerranéens périodiquement exposés au feu sont caractérisés par une rotation de quatre types d’habitats, qui se remplacent les uns les autres dans l’espace et le temps. Ce sont les pelouses, matorrals bas, matorrals hauts et les forêts. A l’échelle du paysage et sur de longues périodes, la survie de toutes les espèces d’une mosaïque d’habitats nécessite l’existence d’un régime de perturbations. Il en résulte un équilibre dynamique qui peut être stable dans le long terme. De fait, compter sur le potentiel naturel de la végétation pour définir une stratégie de conservation ne serait pas la meilleure approche en méditerranée où les écosystèmes et les paysages ont été transformés et redessinés par l’homme sur plusieurs millénaires.

 

2. Le peuplement animal en mauvais état de conservation

 

  • les paysages agricoles

La Pie-grièche à poitrine rose, le Rollier d’Europe et le Coucou-Geai sont parmi les oiseaux les plus menacés des zones agricoles. La Perdrix rouge est inscrite sur la liste des espèces vulnérables et à surveiller (ainsi que sur la liste rouge provençale) de même que le Bruant ortolan, le Petit duc scops, le Guêpier d’Europe et le Moineau soulcie.

 

  • les steppes sèches et plates

La Crau abrite plusieurs espèces typiques des habitats semi-arides d’Espagne centrale et d’Afrique du nord : le Faucon crécerellette ou l’Outarde canepetière. Inscrits sur les listes rouges, on trouve également le Ganga cata, l’alouette calandre, l’Oedicnème criard, et l’Alouette calandrelle.

 

  • les collines côtières (falaises, garrigues et maquis)

Les falaises sont avant tout un site de nidification. Le milieu qui les entoure, zone d’alimentation, est également important pour l’espèce qui y niche. On y trouve l’Aigle de Bonelli, le Vautour percnoptère et le Grand-duc d’Europe, mais aussi le Monticole bleu ou le Monticole de roche.

La diversité biologique la plus forte n’est pas dans les formations boisées mais plutôt dans les systèmes variés agrosylvo-pastoraux. Dans les garrigues et maquis, on trouve une avifaune pas très riche, mais de grand intérêt. Sont inscrits sur les listes rouges le Cochevis de Thékla, la Pie-Grièche méridionale, la Fauvette à lunettes. L’Alouette lulu fait partie des espèces à surveiller comme le Pipit rousseline, la Fauvette sarde ou la Fauvette pitchou.

 

3. L’impact des éléments de gestion et d’utilisation des milieux sur le développement des espèces

 

Les modalités d’aménagements favorables en collines méditerranéennes pour différentes espèces en mauvais état de conservation (Perdrix rouge, passereaux) et les différentes formations végétales sont détaillées dans le CD-Rom : PONCEBOUTIN Françoise, LE BRUN Tanguy, MATHON Jean-François, MOUTARDE Claude, CORDA Ève, KMIEC Lionel (2003) – Aménagements et biodiversité en région méditerranéenne, cahier technique à l’usage des gestionnaires. Edition DIREN PACA et ONCFS.

Tout aménagement qui favorise la perdrix profite également aux espèces prédatrices dont certains grands rapaces très menacés.

 

 

 

Mesures de gestion susceptibles d’être favorables à la faune vivant en milieu méditerranéen ouvert ou semi-ouvert

 

  Espèces Perdrix

Lapin

Lièvre

Biodiversité
Catégorie Mesures      
Généralités adaptation des prélèvements cynégétiques aux potentialités annuelles dans l’esprit d’un maintien durable des populations à un niveau de densité optimum  X  X  X
baguage des oiseaux d’élevage lâchés  X    
aucune activité d’entretien des milieux pendant la saison de reproduction  X  X  X

Paysages

agricoles

une agriculture diversifiée et respectueuse de l’environnement soit :

  • diversité de cultures
  • maintien de cultures extensives,riches en insectes
  • utilisation raisonnée des pesticides
  • maintien des haies et arbres morts
  • maintien de l’enherbement dans lesvignes et vergers
X  X  X
remise en culture de terres abandonnées ou entretien (par l’écobuage, le pâturage, le broyage)  X  X  X

Steppes

sèches

et plates

conserver la mosaïque des milieux car l’élevage ovin en Crau tourne sur trois habitats : dans les coussouls de février à fin mai, en montagne de juin à fin septembre (transhumance), dans les prairies où il pâture le regain d’octobre à fin janvier    X  X
maintenir le pastoralisme extensif    X  X
favoriser des cultures de compléments : légumineuses,graminées, …  X  X  X

Collines

côtières

favoriser toute ouverture de matorral :

  • brûlage dirigé en garrigues à chênevert ou kermès et entretien parpâturage (débroussaillage si feucontrôlé impossible)
  • remise en culture des fonds devallon ou des terrains les plus richesen terre (sol) : vignes enherbées,vergers enherbés, semis de mélangesgraminées-légumineuses
 X  X  X
restauration d’une mosaïque diversifiée d’habitats avec des ouvertures de taille conséquente  X  X  X

 

 

Mesures de gestion susceptibles d’être défavorables à la faune en mauvais état de conservation dans les milieux méditerranéens ouverts ou semi-ouverts
 

 

  Espèces
Perdrix

Lapin

Lièvre

Biodiversité
Catégorie Mesures      
Généralités aucune limitation des prélèvements  X  X  X
le lâcher d’oiseaux d’élevage sans restriction de prélèvement cynégétiques  X    X
broyages ou débroussaillages en période de reproduction  X  X  X
le lâcher d’autres espèces de perdrix ou de perdrix rouges non pures génétiquement  X    
favoriser les chats et chiens errants  X  X  X

Paysages

agricoles

usage abusif de produits phytosanitaires  X    X
abandon définitif de terres, vers l’enfrichement et la reforestation ou la construction  X  X  X

Steppes

sèches

et plates

abandon de terrains cultivés et irrigués(mort des haies)  X    X
abandon du pâturage  X    X
modification fondamentale de terrains en coussouls (retournements)      X

Collines

côtières

abandon de cultures dans les collines  X  X  X
abandon du pâturage  X    X
abandon de toute exploitation  X  X  X

 

 

Ouvrages consultés :

 

BLONDEL J. & ARONSON J. (1999) - Biology and Wildlife of the Mediterranean Region. Oxford University Press, 328p.

 

CONSERVATOIRE ÉTUDES DES ÉCOSYSTÈMES DE PRO VENCE (1992) - Liste rouge des oiseaux nicheurs dans la région Provence— Alpes– Côte d’Azur. Faune de Pro vence (C.E.E.P.) 13:5-1 3.

 

PRODON R. & RUFRAY X. (2000) - A propos de la Liste Rouge des oiseaux nicheurs du Languedoc-Roussillon. Meridionalis 2, décembre 2000:7-18.

 

ROCAMORA G. & YEATMAN-BERTHELOT D. (1999) - Oiseaux menacés et à surveiller en France. Société d’Etudes Ornithologiques de France / Ligue pour la Protection des Oiseaux, Paris, 560p.
 

 

 

rédaction : Françoise Ponce-Boutin

 

 

 

Occupation du sol de la région PACA en 2006

Producteur : CRIGE PACA


Base de données Ocsol 2006 - Languedoc - Roussillon

Producteur : Association SIG L-R

 

 

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