Accueil > Espace Presse / Actualités > Fin de l’alerte « Gel prolongé » pour les bécasses et turdidés

Fin de l’alerte « Gel prolongé » pour les bécasses et turdidés

Imprimer la page Version PDF de la page Transmettre cette page Nous contacter Agrandir le texte Réduire le texte

Reportage de France 2 diffusé au JT de 13h le 10 février 2012

Communiqué du 15 février 2012

Le redoux amorcé sur plus des deux-tiers du pays, le retour à des températures situées dans les normales saisonnières ainsi que des prévisions météorologiques qui indiquent le maintien de ces conditions dans les prochains jours, conduisent à lever l’alerte « Gel prolongé ».
La procédure « Gel prolongé » déclenchée le 2 février dernier est donc désactivée.
La Direction des Etudes et de la Recherche de l’ONCFS tient à remercier l’ensemble des personnes ayant participé aux suivis de terrain et toutes celles ayant aidé au bon déroulement de ce dispositif.
Si la situation s’améliore sur le plan météorologique, il n’en va pas de même pour la survie des oiseaux. Les derniers recensements de bécasses font état de densités encore élevées dans les régions littorales qui ont joué un rôle d’accueil important. Ceci indique que la redistribution des bécasses dans leurs remises hivernales habituelles n’est pas ou très peu amorcée.
De nombreux cas de mortalité, ou d’oiseaux à l’agonie, continuent à être signalés dans différentes régions de France. En ce sens, l’épisode de février 2012 se distingue clairement des périodes de gel prolongé connues ces dernières années. En raison de l’intensité du froid et de sa durée sur la majeure partie du pays, l’impact sur les populations de bécasses et de turdidés ne sera sans doute pas négligeable.
Cette période de redoux va permettre aux oiseaux de s’alimenter et de retrouver des conditions physiologiques normales. Il va de soi que la quiétude est nécessaire dans cette phase de reconstitution des réserves énergétiques qui peut durer une semaine. Les bécasses et les turdidés qui ont survécu constituent un capital reproducteur pour la saison à venir et tout doit être mis en oeuvre pour le préserver.


Cellule nationale « Gel prolongé » – ONCFS-Direction des études et de la recherche
15 février 2012

Communiqué du 13 février 2012

Jusqu’à ce jour, la France est encore en majeure partie concernée par des températures bien en dessous des normales saisonnières. Cette continuité du gel prolongé a considérablement affaibli les oiseaux et les a rendus vulnérables.

Surmortalité des bécasses

Comme prévu, les effectifs de bécasses des bois se sont renforcés dans tout l’Ouest, et notamment en Bretagne. Mais ces derniers jours sont surtout marqués par de très nombreuses observations de comportements anormaux. Dans le Nord-Pas-de-Calais, en Normandie, en Poitou-Charentes, dans les Pays-de-la-Loire, en Aquitaine, en Midi-Pyrénées, en Languedoc-Roussillon, dans les régions PACA et Rhône-Alpes, dans le Centre et l’Ile-de-France, des bécasses ont été observées en plein jour, parfois en groupes d’une dizaine d’individus en train de se nourrir. Dans tous les cas, la distance de fuite est très réduite. Des cas de mortalité ont été signalés à plusieurs reprises dans différentes régions. Les bécasses découvertes dans ces conditions accusent des poids très faibles (< 200 g dans la plupart des cas) signalant un épuisement total des réserves en lipides et une consommation élevée des protéines (muscles). Des oiseaux encore vivants mais très affaiblis (poids autour de 200 g) ont également été trouvés dans le Sud-Est. Dans la mesure où la découverte d’un cadavre de bécasse reste aléatoire, ces observations traduisent une surmortalité inquiétante liée à l’épisode de gel.

Concentration anormale de turdidés

La situation se retrouve à l’identique pour les turdidés dont les signalements de cas de mortalité n’ont pas faibli, en particulier pour les grives mauvis. Des concentrations anormales sont toujours observées à la faveur de ressources alimentaires disponibles, ainsi que de faibles distances de fuite.

Une remontée des températures est prévue pour les jours à venir. Cette période s’avère cruciale pour les bécasses et les turdidés qui ont subi un froid très vif pendant plus de 10 jours sans interruption. Les oiseaux vont entrer petit à petit dans une phase de reconstitution de leurs réserves énergétiques. Comme pendant le gel, tout dérangement entraîne une perte inutile d’énergie et contrarie un retour rapide à la normale sur les plans physiologique et comportemental.
Selon l’état des oiseaux, un délai d’au moins une semaine est nécessaire pour que la re-dispersion s’opère dans les meilleures conditions. 


Cellule nationale « Gel prolongé » – ONCFS-Direction des études et de la recherche
13 février 2012

 

Communiqué du 9 février 2012

La persistance d’un froid très vif sur une grande partie du territoire national continue à rendre difficiles les conditions de survie de certaines espèces d’oiseaux, dont la bécasse des bois et les turdidés. Les régions littorales voient leur rôle de refuge prendre de plus en plus d’importance.

Les bécasses des bois
Dans le détail, des bécasses des bois sont encore observées à l’intérieur du pays le long de cours d’eau où elles peuvent espérer trouver de la nourriture. C’est le cas notamment en Rhône-Alpes et en Bourgogne. Dans leur majorité, les bécasses ont fui les sites d’hivernage intérieurs en raison d’un gel trop puissant. Cette fuite a contribué à une augmentation très significative des effectifs de bécasses dans les régions Manche-Atlantique et, dans une moindre mesure, méditerranéenne. Dans le Nord-Pas-de-Calais, des rassemblements d’oiseaux sont observés dans la frange côtière où des comportements anormaux (observations en journée à découvert, présence en ville, distance de fuite très réduite) sont signalés, ainsi qu’en Seine-Maritime et dans le Calvados. En Bretagne, des effectifs élevés sont observés dans les Côtes-d’Armor et dans le Morbihan, non seulement dans les zones littorales mais également à l’intérieur de ces départements. Le Finistère, ne semble pas avoir encore enregistré une augmentation notable des effectifs mais reste une zone refuge potentielle compte tenu de son statut privilégié dans la situation météorologique actuelle. De fortes augmentations d’effectifs sont notées dans tous les départements côtiers de la Loire-Atlantique aux Pyrénées-Atlantiques, en particulier en Gironde et en Charente-Maritime où les densités s’avèrent élevées. Cet arc atlantique constitue la zone refuge privilégiée à l’heure actuelle. En zone méditerranéenne, des arrivées importantes de bécasses sont enregistrées dans l’Hérault, les Bouches-du-Rhône et le Var ainsi qu’en Corse.

Les turdidés
La neige et le gel entraînent des difficultés d’accès à la nourriture et à l’eau qui ont fait fuir les turdidés de l’intérieur du pays vers le Sud-Ouest. Le littoral aquitain et les côtes Manche-Atlantique, en général, deviennent des zones refuge essentielles pour les turdidés, notamment les grives mauvis et les grives musiciennes. Le littoral méditerranéen accueille également de plus en plus d’oiseaux, en particulier des grives musiciennes. La fréquentation de sites inhabituels, comme les talus de bord de route où les oiseaux se concentrent, est fréquemment signalée. Les distances de fuite restent toujours très faibles. Des cas de mortalité de grives et merles liés au gel intense sont annoncés.

Les prévisions météorologiques n’indiquent pas de redoux avant mardi prochain dans l’Ouest et le Nord-Ouest de la France. Dans ces régions, un retour aux normales saisonnières ne devrait pas être observé avant le milieu de la semaine prochaine. Le Sud-Ouest devrait suivre cette tendance avec quelques jours de retard. En revanche, le Massif central et plus généralement les régions intérieures du pays resteront encore très froides.
Dans les conditions actuelles, l’énergie encore disponible aux oiseaux doit être mobilisée pour trouver de la nourriture et tout dérangement provoquant un envol inutile est à éviter.


Cellule nationale « Gel prolongé » – ONCFS-Direction des études et de la recherche
9 février 2012

 

Communiqué du 6 février : impact du gel actuel sur les populations de bécasses des bois et de turdidés

Avec le maintien de températures très froides sur les deux-tiers du pays et le passage d’un épisode neigeux sur la moitié ouest de la France, les bécasses des bois et les turdidés rencontrent des conditions de plus en plus difficiles.

Des effectifs importants de bécasses des bois ont fui les régions intérieures pour rejoindre les départements côtiers, en particulier la Bretagne. Tous les départements du littoral Manche-Atlantique sont concernés. Certains sites de référence ont vu leurs effectifs multipliés par 2 ou 3. Des informations sporadiques témoignent également d’arrivées d’oiseaux sur le littoral méditerranéen. Les bécasses des bois semblent, pour le moment, faire face à ces conditions météorologiques rigoureuses. Aucun comportement anormal et/ou cas de mortalité massive n’ont été signalés à ce jour. Un comptage des bécasses dans les sites de référence est prévu ce soir, 6 février. Il sera suivi d’un autre le 9 février. Ces deux recensements apporteront des informations nouvelles pour juger de la situation.

Pour les merles et grives, des déplacements sont notés vers le sud-ouest et dans une moindre mesure vers le littoral méditerranéen. En revanche, les zones côtières atlantiques accueillent des effectifs élevés de turdidés qui viennent y chercher refuge. L’accès à la nourriture devient de plus en plus difficile et les secteurs dépourvus de neige sont systématiquement exploités, ainsi que les vergers et les arbustes à baies. La fréquentation de sites inhabituels, comme les bords de route, et des concentrations anormales d’oiseaux sont signalés. De même, les distances de fuite se sont considérablement réduites et les oiseaux ne se déplacent que sur de très courtes distances pour revenir aussitôt sur les zones d’alimentation accessibles.

 

Évolution possible de la situation

Les prévisions météorologiques indiquent un maintien voire un durcissement de ces conditions d’ici la fin de la semaine avec des températures très basses sur la majorité du pays, sans dégel en journée. Le redoux ne devrait donc pas se manifester avant plusieurs jours, et sans doute pas avant la semaine prochaine. Avec ce gel très prolongé une mortalité anormale est à craindre pour les bécasses et les turdidés, aussi convient-il de minimiser les dérangements car tout envol conduirait à une perte d’énergie inutile.
Enfin, les régions côtières favorisées par des températures plus clémentes jouent un rôle d’accueil crucial à prendre en considération.


Cellule nationale « Gel prolongé » – ONCFS-Direction des études et de la recherche
6 février 2012

 

Communiqué du 3 février sur la période de gel prolongé

Suite au déclenchement de l’alerte Gel prolongé, les informations transmises à la Cellule nationale permettent de dresser un premier état de la situation, en particulier pour la bécasse des bois.

Premier état de la situation des bécasses et grands turdidés

Dans les régions intérieures du pays, deux phénomènes se superposent. D’une part, les bécasses installées en hivernage au delà de nos frontières, au Nord et à l’Est, se déplacent vers le sud-ouest et transitent par la France. D’autre part, une majeure partie des bécasses installées dans l’Est et le Centre de notre pays fuient le gel pour se rendre dans les régions littorales. Compte tenu de l’arrivée tardive de ce gel prolongé, et donc de sa proximité avec la migration pré-nuptiale dont le début se situe généralement fin février pour la bécasse des bois, une partie des oiseaux restent sur place.
Les mouvements engagés dans les régions intérieures conduisent à une augmentation significative des effectifs dans les départements littoraux Manche-Atlantique. Aucune arrivée massive n’a cependant été notée à l’heure actuelle sur le littoral méditerranéen.
Pour les grands turdidés (grives et merle noir), les informations disponibles ne font état que de faibles mouvements. En revanche, des comportements anormaux (distance de fuite très courte) sont déjà signalés.
 
Évolution possible de la situation
Dans la mesure où les prévisions météorologiques indiquent une persistance, voire un renforcement, de cette période de gel jusqu’à la fin de la semaine prochaine, les mouvements de bécasses vers les zones refuges littorales devraient s’accentuer dans les jours à venir.
Les bécasses, ainsi que les grands turdidés, devraient rencontrer des difficultés grandissantes pour s’alimenter et toute dépense d’énergie superflue pourrait être dommageable à leur survie.


Cellule nationale « Gel prolongé » – ONCFS-Direction des études et de la recherche
3 février 2012

 

Déclenchement de l’alerte « Gel prolongé » le 2 février 2012

La France connaît depuis 2 jours consécutifs des températures très froides, environ 10°C en dessous des normales saisonnières, et sans dégel dans la journée pour plus de la moitié du territoire national. Les prévisionnistes s’accordent sur une durée d’environ 6 jours de ces conditions exceptionnelles.

 

Toutes les conditions de déclenchement de l’alerte « Gel prolongé » au niveau national, telles que définies dans la procédure nationale de novembre 2010, sont donc réunies.

En conséquence : la procédure nationale « Gel prolongé » est activée.

Pour la bécasse des bois, les consignes sont les suivantes :
 - un comptage sur les sites de référence "Gel prolongé" le jeudi 2 ou le vendredi 3 février ;
 - un comptage sur ces mêmes sites le lundi 6 février.
 Les résultats sont à transmettre au Réseau Bécasse par courriel, à rezobecasse@oncfs.gouv.fr ou par fax au 02 40 48 14 01.

Toutes les informations disponibles sur la bernache du Canada et les oiseaux de passage (colombidés et turdidés) doivent être transmises au Réseau Bécasse (coordonnées ci-dessus) ou au Réseau Oiseaux de passage par courriel à denis.roux@oncfs.gouv.fr, ou par fax au 04 90 64 18 43.

Toutes informations complémentaires quant au comportement, à la distance de fuite et/ou la fréquentation de sites inhabituels par les oiseaux doivent être communiquées. 

Des mouvements de bécasses des bois ont déjà été signalés de l’intérieur du pays vers les régions côtières.

 


Cellule nationale « Gel prolongé » – ONCFS - Direction des études et de la recherche
2 février 2012