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Lutter contre l’influenza aviaire à H5N8 est l’affaire de tous

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Lutter contre l’influenza aviaire à H5N8 est l’affaire de tous

Quelques conseils pratiques de l’Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS)

 

Suite aux cas déclarés ces derniers mois dans plusieurs pays européens y compris en France (http://www.plateforme-esa.fr/pestes-aviaires-actualites-), notamment sur des oiseaux sauvages, le niveau de risque épidémiologique dû à l’avifaune migratrice en France est passé de négligeable à élevé dans tout le territoire métropolitain (arrêté du 05/12/2016).

 

Pour rappel, la souche semble très pathogène pour certaines espèces d’oiseaux d’eau et pour les galliformes, par contre elle ne présente pas de pouvoir pathogène particulier pour l’Homme.

 

Outre d’importantes mesures de sécurité en élevage avicole, l’élévation du niveau de risque épidémiologique entraîne des mesures de restriction de certaines activités cynégétiques, et la surveillance de la mortalité aviaire est renforcée, en particulier dans les zones les plus à risque.

 

L’ONCFS exerce des missions de contrôle, principalement dans le domaine de la chasse et de l’environnement, mais également dans le domaine sanitaire pour la faune sauvage. L’établissement contribue d’autre part à la production de connaissances scientifiques sur les populations d’oiseaux et de mammifères sauvages, de leurs habitats et de leurs maladies, dans le cadre de recherches, d’expertises ou de suivis réalisés sur ces populations et leurs milieux naturels. A ce titre, l’ONCFS anime le réseau SAGIR qui met en oeuvre la surveillance sanitaire généraliste de ces espèces.

 

La surveillance renforcée de l’avifaune concerne les usagers de la nature qui constatent des cas de mortalité ou de morbidité d’oiseaux des espèces ciblées, notamment les chasseurs, les ornithologues amateurs, les pêcheurs, les agents des établissements publics de l’environnement, les professionnels de la nature, ainsi que les gestionnaires d’espaces naturels. Ces personnes qui interviennent fréquemment dans les milieux humides doivent prendre des précautions minimales pour éviter de propager le virus d’un site d’observation à l’autre, et surtout du milieu naturel vers les oiseaux domestiques ou captifs, qu’il s’agisse d’élevages, de basses-cours ou d’oiseaux d’ornement.

 

Tout le territoire national est actuellement en risque épidémiologique élevé, mais les zones humides gardent le plus fort potentiel de risque lié à l’avifaune, compte tenu des concentrations d’oiseaux d’espèces sensibles qui s’y regroupent  : Arrêté relatif aux niveaux du risque épizootique en raison de l’infection de l’avifaune par un virus de l’influenza aviaire hautement pathogène (zones à risque prioritaire)

 

 

 

Les mesures de lutte et de prévention
Les mesures nationales de prévention et de lutte prises contre l’influenza aviaire sont décrites sur le site du ministère de l’agriculture : http://agriculture.gouv.fr/les-mesures-et-indemnisations. Celles concernant la chasse sont détaillées dans une fiche dédiée aux chasseurs et détenteurs d’appelants ou de gibier à plumes. Les agents de l’ONCFS seront amenés à verbaliser les contrevenants. Attention, des mesures préfectorales sont également définies dans et autour des cas suspects et confirmés en élevage (zones de protection et de surveillance entourant les foyers). La liste des communes concernées est disponible sur le même site à la page : http://agriculture.gouv.fr/influenza-aviaire-le-suivi-des-foyers-en-france

 

La surveillance des oiseaux trouvés morts ou moribonds
Ne récupérez pas vous-même les cadavres d’oiseaux que vous avez découverts, sauf si vous avez des gants à usage unique et des sacs étanches (au moins pour mettre des cadavres frais à l’abri des animaux charognards), et signalez-les immédiatement : le réseau SAGIR, qui réunit les Services départementaux de l’ONCFS (SD-ONCFS) et les Fédérations nationale, régionales et départementales des chasseurs (FDC) est chargé d’assurer la conduite opérationnelle de cette surveillance, en lien avec les autorités sanitaires (DD(CS)PP, DRAAF).

Concrètement, signalez au SD-ONCFS ou à la FDC (coordonnées sur les sites de l’ONCFS ou de la FNC) tout oiseau trouvé mort des espèces suivantes :

cygnes, canards, oies (anatidés), mouettes, goélands (laridés), poules d’eau, foulques, râles (rallidés).

Pour les autres espèces, seules les mortalités groupées (plusieurs oiseaux trouvés morts simultanément) doivent être signalés. A titre indicatif, le chiffre d’au moins 3 oiseaux dans le même secteur peut être retenu.
Les zones humides restent les plus à risque de mortalité pour l’avifaune migratrice, notamment les sites de grand rassemblement de canards plongeurs, où il est vivement conseillé de mener des observations plus fréquentes que d’ordinaire, particulièrement en cas de vague de froid.

 

Les règles sanitaires liées au contact des oiseaux sauvages
Le virus de l’influenza est surtout excrété avec les déjections des oiseaux infectés. Il est important de ne pas transporter passivement le virus avec vos bottes ou chaussures, les chiens, les roues de la voiture... l’objectif est d’éviter que les oiseaux domestiques n’entrent en contact avec le virus, ainsi que d’autres oiseaux sauvages.

Prenez des précautions d’hygiène, particulièrement si vous devez intervenir régulièrement dans une zone humide (ornithologue, pêcheur, professionnel de la nature, chasseur...) :

  • Garez-vous autant que possible à distance des zones souillées par des déjections d’oiseaux, afin de ne pas contaminer les roues de votre véhicule : ne roulez pas sur les berges, sur les reposoirs et dortoirs d’oiseaux, ni dans les zones de gagnage ;
  • Prévoyez une paire de chaussures de rechange ; après intervention et avant de monter dans votre voiture mettez vos chaussures ou vos bottes souillées dans un sac ; au retour, lavez-les et désinfectez-les, par exemple avec de l’eau de Javel diluée en respectant les recommandations d’utilisation inscrites sur l’étiquette du produit pour en garantir l’efficacité ;
  • Prévoyez une tenue de terrain et des vêtements propres pour pouvoir en changer s’il y a un risque de souillure par des déjections d’oiseaux ; changez de tenue avant de monter dans votre voiture si vos vêtements de terrain ont été souillés ;
  • L’équipement : si vous avez utilisé un équipement sur site et qu’il a pu être souillé (contact avec des fientes ou avec l’eau), utilisez un désinfectant compatible avec le matériel (les gels hydroalcooliques peuvent convenir pour la plupart des surfaces).
  • Si vous êtes chasseur, limitez la présence de chiens à ceux qui sont indispensables à la conduite de la chasse (auxiliaires) ; en fin de chasse, lavez-vous les mains au savon si vous le pouvez, et désinfectez-les avec un produit antiseptique type gel hydro-alcoolique ; au retour chez vous, veillez à ce que votre chien ne puisse entrer en contact avec des oiseaux domestiques.
  • Si vous êtes amenés à manipuler des oiseaux vivants, notamment lors d’interventions ornithologiques (baguage...), portez des gants à usage unique (non stériles) ; d’une façon générale entre deux oiseaux il est recommandé de changer de gants et de désinfecter le matériel en contact avec les oiseaux, par exemple avec des lingettes antiseptiques utilisables sur la peau ; en fin d’intervention lavez-vous les mains au savon si vous le pouvez, et désinfectez-les avec un produit antiseptique type gel hydro-alcoolique ;
  • Informez les promeneurs accompagnés de chiens qu’il faut s’abstenir d’aller ensuite dans une basse-cour ou un élevage avicole ;
  • N’allez pas vous-même dans une basse-cour ou un élevage de volailles immédiatement après votre intervention en zone humide.