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La préservation de notre patrimoine naturel : un ...

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2010, l’année internationale de la biodiversité, nous offre l’occasion de nous mobiliser pour prendre la mesure de la situation critique de notre patrimoine naturel dans un monde globalisé et pour en garantir l’avenir. Pour des raisons éthiques, autant qu’économiques, il convient d’éviter d’endommager de manière irréversible les écosystèmes. C’est un enjeu majeur pour assurer la viabilité, la cohésion et le développement durable de nos sociétés.
 
Dans ce contexte, la réforme de la gouvernance internationale de l’environnement s’impose et la France propose la mise en place d’un GIEC de la biodiversité (IPBES*) qui, à l’image de ce qui a été fait pour le climat, constituera une plate-forme où la science éclaire le débat politique, indispensable à l’avènement d’une solide gouvernance. La France a entrepris de convaincre les grands pays du monde pour que ce projet voie le jour et des signaux très encourageants arrivent du Programme des Nations Unies pour l’Environnement (PNUE) avec le ralliement des USA et l’Inde.
 
Pour tous, sur un plan stratégique et politique, l’enjeu est bien l’inscription dans le temps des politiques publiques en faveur de la biodiversité. Il est urgent de s’accorder sur de nouveaux objectifs internationaux de lutte contre sa disparition. C‘est tout l’enjeu de la réunion des parties de la Convention sur la Diversité Biologique (CDB) qui se réunira au Japon à l’automne. Pour sa part, le Conseil « environnement » de l’Union européenne de mars dernier s’est engagé sur l’objectif d’enrayer sur son territoire la perte de diversité biologique et la dégradation des services écosystémiques en 2020 et a défini sa vision à l’horizon 2050.
 
Dans le cadre de son contrat d’objectifs et du plan d’action « International » de stratégie française de la biodiversité (SNB) qui sera révisée en 2011, notre établissement s’investit aussi à l’extérieur de nos frontières pour participer à l’effort global. Bon nombre de nos chercheurs sont des experts reconnus en matière de faune sauvage, fréquemment appelés à représenter la France dans les instances internationales et leurs groupes techniques associés. Nos programmes de recherche, notamment en matière d’avifaune migratrice, valorisent l’expertise française sur un vaste territoire allant de l’Arctique à l’Afrique subsaharienne, en passant par l’espace méditerranéen dans lequel des projets de coopération bilatérale ne cessent de s’élaborer. Ces programmes, appliqués à l’outre-mer, prennent une importance particulière lorsqu’il s’agit de contribuer à la découverte de nouvelles richesses naturelles comme en Amazonie. La BMI spécialisée CITES, en relation avec de nombreux agents de l’Office sur le terrain, est au cœur de la contribution de la France à la réduction des trafics de faune sauvage, au sens de la Convention de Washington. Plus proche de nous, la difficile gestion des grands prédateurs européens emblématiques nous amène à développer de nombreuses coopérations transfrontalières.
 
Monde complexe et lointain de négociations, la sphère internationale nous apparaît souvent à travers des sigles barbares, des acronymes abscons, des textes impénétrables… mais ne nous y trompons pas : derrière ces travaux d’approche, ces échanges et ces sursis qui souvent génèrent notre impatience, se joue l’avenir de notre nature, au plus près de notre quotidien et de nos passions.