Faune d’Outre-Mer

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La gestion de la faune en forêt guyanaise accuse un profond retard, non seulement en comparaison avec celle de la métropole, mais également en regard des pays voisins. Manque de moyens, de connaissances, et de volonté politique, la situation est difficile du fait à la fois de la complexité écologique inhérente au milieu tropical, sociale due en particulier à une forte pluri-ethnicité, et politique de part l’héritage historique de ce morceau de France tropicale.

La volonté actuellement affichée du gouvernement de priorité de l’outre mer, avec notamment les résultats des consultations du Grenelle, la création du Parc Amazonien, et les évolutions récentes de la législation apportent des éléments nouveaux. Mais le manque de données biologiques de base est considérable, et la tache immense.

 

Depuis 2002, l’ONCFS développe en Guyane des études visant à améliorer les possibilités de gestion de la faune chassée. Ces études sont organisées autour de trois grands axes :

 

Connaissance des utilisateurs : types de chasses et de chasseurs de Guyane
A travers des suivis des tableaux de chasse de différentes populations d’origine ethnique différente, vivant en contextes sociologique et géographiques variés, une analyse des différentes pratiques de chasse est menée. Selon les villages et situations considérées, quelles sont les espèces les plus chassées ? en quelles quantités ? selon quelles méthodes de chasse ? sur quelle superficie ? ….sont les questions de base pour comprendre la chasse ou plutôt les multiples types de chasses pratiqués dans le département.

 

Estimation de l’impact et de la durabilité des pratiques de chasse actuelles.
L’impact de ces divers types de chasse sur les populations animales est analysé par la recherche d’indicateurs écologiques et cynégétiques. Proportions des divers types de prises, structure d’âge des populations, rendements des chasses, évolutions des territoires de chasse, comparaison des abondances de faune en différents milieux soumis à des pressions de chasse différentes, sont des indicateurs renseignant sur l’état des populations chassées. La « durabilité » des pratiques actuelles est testée par des modèles d’utilisation durable de la faune sauvage en milieu amazonien.

 

Connaissance de la ressource : Abondances et Ecologie des principales espèces
Parallèlement, des études visent à mieux connaître les espèces, populations et peuplements de faune forestière. Un programme d’étude cherche à mettre en évidence les relations entre les types de paysages (Unités géomorphologiques), les habitats forestiers et la biodiversité, en particulier les équilibres des peuplements de grande faune.

Le tapir (Tapirus terrestris), espèce sensible à la chasse et demandant actuellement de gros efforts de gestion dans le département, est l’objet d’une étude plus poussée sur son écologie comportementale trop peu connue, comme la plupart des espèces locales.
Différents moyens sont mis en œuvre pour aborder cette faune discrète et difficile : Transects linéaires, recherches d’indices, piégeage photo automatique, …des tentatives de capture et suivi télémétriques doivent bientôt être expérimentés.

 

Ces études sont menées en collaboration avec l’ONF, l’UMR ECOFOG, le CNRS, le Parc Amazonien de Guyane….

 

Cécile Richard-Hansen, ingénieur Faune de Guyane