L’Erismature rousse

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L’Erismature rousse (Oxyura jamaicensis) est un petit canard américain introduit accidentellement en Grande-Bretagne dans les années 1950. Une population férale s’est constituée à partir d’individus échappés de captivité. Son expansion s’est poursuivie en Europe continentale et des observations ont été faites dans 20 pays européens et jusqu’au Maroc.

 

Problèmes posés par cette espèce
L’Erismature rousse présente un grand danger pour la survie de l’Erismature à tête blanche, espèce menacée (elle compte seulement 10 000 individus) qui vit en Espagne, en Afrique du Nord, en Turquie et en Asie centrale. En effet, les deux espèces s’hybrident et les descendants sont fertiles. De plus, les mâles d’Erismatures rousses sont plus agressifs et dominants dans les groupes mixtes, ce qui augmente le risque de disparition rapide de l’Erismature à tête blanche. A moyen terme, si rien n’est fait pour éradiquer l’Erismature rousse, on encours le risque de voir le noyau ibérique d’Erismature à tête blanche s’éteindre pour laisser la place à des Erismatures rousses ou à une population hybride.

 

Erismature à tête rousse mâle, photo ONCFS-Benmergui

 

Les mesures mises en oeuvre
Face au risque de disparition de l’Erismature à tête blanche, les pays européens ont reconnu l’importance d’adopter rapidement des mesures de contrôle de l’Erismature rousse et certains pays ont déjà entrepris, entre autres mesures, de tenter d’éliminer les Erismatures rousses présentes sur leur territoire.
C’est particulièrement le cas de la Grande-Bretagne, où plusieurs milliers d’Erismatures rousses ont été tirées par une équipe spécialisée dépendant du ministère britannique chargé de l’environnement. Ces canards sont maintenant peu nombreux en Grande-Bretagne et ne migrent sans doute plus vers la France ou l’Espagne.

En France, une population nicheuse d’Erismatures rousses s’est développée à partir d’oiseaux qui ont migré depuis la Grande-Bretagne. On compte plusieurs dizaines de couples, surtout dans le quart nord-ouest du pays. A la demande du Ministère chargé de l’Environnement, un dispositif d’éradication de l’Erismature rousse a été mis en place au sein de l’Office national de la chasse et de la faune sauvage. Un réseau permet d’enregistrer les signalements, pour déclencher une action rapide d’élimination par tir des oiseaux. Les tirs sont essentiellement effectués par des agents de l’ONCFS. Sur le lac de Grand-Lieu en Loire-Atlantique, où se rencontrent en hiver les plus grandes concentrations d’Erismatures rousses, les tirs sont effectués par le personnel de cette réserve naturelle.

 

Erismature à tête blanche mâle, photo Gutiérrez-Expósito