SPOVAN - L’ONCFS en Afrique et le suivi des oiseaux ...

Imprimer la page Version PDF de la page Transmettre cette page Nous contacter Agrandir le texte Réduire le texte

Galerie

un stage de formation s’est tenu à Juba en décembre 2010, un mois avant le référendum décidant de l’indépendance du Soudan du sud
au milieu des immenses marais à papyrus du Sudd, le lit principal du Nil est utilisé par des ferrys qui relient Juba à Malakal et au Soudan du Nord jusqu’à l’Egypte
un ornithologue soudanais dénombre les chevaliers combattants d’une Maya (bras mort temporaire) proche du Nil Bleu
un groupe de chevaliers combattants en vol
ces hameçons suspendus au dessus des mayas permettent la capture occasionnelle d’oiseaux d’eau : ce type de chasse de subsistance, mais surtout la pêche et l’agriculture de décrue, constituent des usages traditionnels des zones humides soudanaises
groupe de sarcelles d’été en vol
vol de flamants roses sur le Lac Qarun (Egypte)
la formation sur le terrain et au moyen d’outils simples mais difficiles à se procurer au Soudan, tels que jumelles et guide des oiseaux d’Afrique, est probablement le plus efficace des investissements à long-terme pour la conservation des oiseaux migrateurs
Partenaires égyptiens en opération de comptage

 

L’ONCFS en Afrique pour contribuer à combler les lacunes de suivi des oiseaux d’eau migrateurs

 

La région de la Vallée du Nil et les zones humides associées (Nord Soudan, Sud Soudan et Egypte) ont une importance capitale pour l’avifaune aquatique migratrice et afro-tropicale. Elles constituent les refuges les plus méridionaux pour de nombreuses espèces migratrices de la région Mer noire/Est Méditerranée.

 

flamants roses Les résultats des comptages d’oiseaux d’eau effectués dans cette dernière région indiquent que ces populations d’oiseaux d’eau sont en fort déclin en Mer noire/Méditerranée. Cependant il existe très peu de données pour la région de la vallée du Nil, en raison de l’instabilité politique passée dans certains de ces pays, mais également de leur relatif manque de moyens et d’expertises techniques dédiés aux problématiques de suivi de faune sauvage à grande échelle.


Des partenariats nombreux et dynamiques

L’accord sur la conservation des oiseaux d’eau migrateurs d’Afrique-Eurasie - AEWA - (voir le site de l’AEWA) encourage ses états membres, dont la France, à développer des programmes internationaux sur les oiseaux migrateurs ; le programme porté par l’Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage visant à initier une dynamique de suivi des oiseaux migrateurs en Egypte, au Soudan du Nord et au Soudan du Sud a reçu le soutien financier du ministère de l’Ecologie, du Développement durable, des Transports et du Logement.

 

Dans le cadre de l’AEWA et en partenariat avec Wetlands International, qui coordonne les suivis internationaux d’oiseaux d’eau, l’ONCFS a donc entrepris depuis janvier 2010, de renforcer les capacités des services gouvernementaux et des ONG travaillant dans le domaine de la conservation et de la gestion de la faune des 3 pays partenaires. Concrètement, cela se traduit par l’organisation de formations au suivi des oiseaux d’eau et des zones humides. A ce jour, une session de formation en salle a été organisée dans chacun des 3 pays partenaires, d’une durée de 3 à 6 jours. Ces formations ont été suivies par un total cumulé de 69 professionnels ou étudiants en environnement et en gestion de la faune sauvage.

 

un ornithologue soudanais Les partenaires de l’ONCFS dans ces trois pays : Egyptian Environmental Affairs Agency en Egypte, Wildlife Conservation General Administration, Sudanese Wildlife Society et Wildlife College de l’Université de Sennar au Soudan du Nord et Ministry of Wildlife Conservation and Tourism au Soudan du Sud ont chacun été dotés par l’ONCFS d’un jeu d’équipements optiques neufs (jumelles et téléscopes), de GPS et de guides d’identification d’oiseaux.



Le dénombrement de plus de 80 espèces d’oiseaux d’eau migrateurs

Parallèlement, toujours en étroite collaboration avec les partenaires locaux, l’ONCFS est venu renforcer sur le terrain les efforts nationaux de dénombrements des oiseaux d’eau hivernants, principalement en Egypte et au Soudan du Nord mais aussi via un premier survol exploratoire des immenses marais du Sudd. Cette zone n’avait pas fait l’objet de comptages d’oiseaux d’eau depuis plus de 30 ans.

La mission de février 2010 en Egypte a permis d’échantillonner essentiellement les grandes lagunes méditerranéennes, grâce au Centre d’Activités Régionales pour les Aires Spécialement Protégées (voir le site du CAR/ASP), et l’immense lac Nasser. Ce dernier s’avère être un défi dans les méthodes de dénombrement qui devront être mises en œuvre.

 

Les plus récents rapports naturalistes estiment à 200 000 oiseaux d’eau l’hivernage potentiel sur cette gigantesque mer intérieure, qui s’étend sur plus de 300 kilomètres du nord au sud. Les premières estimations de l’ONCFS semblent confirmer une telle importance, après analyse des données récoltées en février 2010 via une approche d’échantillonnage expérimental réalisé grâce à des moyens nautiques. De fait, il est probable qu’au vu de l‘immensité du cours du Nil, une méthodologie indiciaire, fondée sur un échantillonnage adapté devra être utilisée.

vol de sarcelles d'été Au total en 2010, pour la première année de suivi de terrain, près de 105 000 oiseaux d’eau de plus de 80 espèces différentes ont été recensés dans les 3 pays partenaires, sur un nombre très restreint de zones humides toutefois.

En particulier, la plaine d’inondation du Nil et ses complexes de mayas dans le Nord Soudan paraissent d’une importance cruciale pour la Sarcelle d’été puisque sur les quelques sites échantillonnés ont été dénombrés plus de 16% de la population hivernante d’Afrique du Nord-Est. Il est par conséquent possible qu’un échantillonnage convenable des marais et mayas soudanais conduise à une révision à la hausse des estimations globales de populations de Sarcelle d’été, voire de Canard Pilet et de Canard Siffleur dont les effectifs se sont également avérés relativement importants à l’échelle internationale.

Les résultats de ce programme seront présentés au cours de la 5ème réunion des parties à l’Accord pour la conservation des oiseaux d’Eurasie et d’Afrique (AEWA) qui se tiendra en France en 2012. 

 

Tableau  : importance internationale de 4 zones humides échantillonnées au Soudan du nord en janvier 2010, exprimée en % de la population biogéographique de l’espèce considérée

  Um Shigueira Um Gar Galadima Sennar Dam
Canard pilet - Anas acuta       1,3
Sarcelle d’été - Anas querquedula   8,1 5,3 2,8
Canard siffleur - Anas penelope 1,6     1,8
Spatule blanche- Platalea leucorodia 0,8      
Barge à queue noire - Limosa limosa 2,4      

 

 

auteurs de l’article :

Jean-Yves Mondain-Monval (coordination)
Pierre Defos du Rau (Soudan)
Carol Fouque et Maurice Benmergui (Egypte)