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CNES et ONCFS étudient la grande faune de Guyane

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Le CNES et l’ONCFS étudient la grande faune terrestre au Centre Spatial Guyanais

Le CNES et l’Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage ont signé une convention de collaboration de recherche sur 3 ans, pour étudier la grande faune terrestre au Centre Spatial Guyanais.


L’objectif : établir un inventaire et un suivi des grands mammifères terrestres présents sur la base spatiale, comme la biche rouge, le tapir et le jaguar.


grand tamanoir La première partie de l’étude a permis de recueillir près de 80 000 images en trois mois, grâce aux pièges photographiques automatiques disposés sur le terrain.
Avec au minimum 27 espèces répertoriées, elles témoignent d’une grande diversité et se révèlent riches en enseignement pour l’analyse scientifique à venir.
La deuxième étape, comporte un dispositif de comptage à l’œil nu, pour récolter des données chiffrées sur l’abondance des différentes espèces.

Le CNES, pilote du programme, apporte sa contribution logistique et financière dans le cadre du programme d’études et de recherche environnemental du Centre Spatial Guyanais.
L’ONCFS apporte sa contribution scientifique et technique dans le cadre de ses missions de contribution à la sauvegarde de la Biodiversité et à la préservation de la biodiversité de l’outre-mer.

Les objectifs de la convention CNES/ONCFS

Le CNES souhaite mieux connaître le patrimoine naturel présent sur le territoire de 700 km² du Centre Spatial Guyanais, en tant que propriétaire d’espaces naturels non protégés.
L’ONCFS a développé une expertise scientifique en Guyane, dans le domaine du suivi de la grande faune.

Les deux organismes ont signé une convention pour réaliser, en commun, le programme intitulé : « Etude de la grande faune terrestre sur le Centre Spatial Guyanais »

Le programme consiste à établir un inventaire et un suivi faunistique de la grande faune dans le périmètre du CSG par la mise en place de pièges photographiques, la réalisation d’Indices Kilomètriques d’Abondance (IKA), voire, à plus long terme la capture d’individus (jaguars, pécaris à lèvres blanches) pour les équiper de colliers GPS/satellite et établir un suivi télémétrique offrant des données biologiques de référence (domaine vitaux) pour les espèces considérées.

Le protocole de l’étude

Comme sur tout le territoire guyanais, la « grande faune » présente au Centre Spatial Guyanais, est discrète et souvent difficile à observer, et plus encore à étudier. Les faibles densités, les rythmes nocturnes et le milieu naturel très dense, rendent les méthodes d’étude directes difficiles à réaliser.

Le piégeage photographique automatique, s’est beaucoup développé ces dernières années, pour étudier la faune forestière discrète, dans de nombreux pays. La méthode est basée sur la détection de la « chaleur en mouvement » et active un système de prise de vue au passage des animaux.
Elle fournit de nombreuses informations scientifiques, comme la présence, l’utilisation de l’habitat, les rythmes d’activité, la connaissance des déplacements, voire des densités, ainsi qu’un support abondamment imagé des objets d’étude. Les espèces ciblées sont uniquement terrestres, principalement des mammifères et de gros oiseaux.
Un réseau de 37 sites de « piégeage photographique », a été déterminé, chaque site étant composé de deux pièges face à face.


tatou géant agamis


En complément du piège photographique, le transect linéaire fournit des estimations fiables et standardisées des abondances ou des densités des espèces observées. Plus léger à mettre en œuvre, il demande une expertise de terrain et un gros investissement en temps de personnel.
Le principe de base est le déplacement d’un observateur sur un axe linéaire, par exemple un layon en forêt, sur un trajet d’une longueur déterminée.
En Guyane, ainsi que dans tout le bassin amazonien, des transects de ce type ont été réalisés sur de nombreux sites d’études, ce qui permet des comparaisons intéressantes.

Les premiers résultats du piégeage photographique

Plus de 80 000 images ont été prises en trois mois et ont permis de répertorier au moins 27 espèces :
Coati, Tapir, Biche rouge, Tatou 9 bandes, Pian (didelphis), Agami, Agouti, Chat marguay, Pac, Puma, Hocco, Cariacou, Jaguar, Puma, Tamandua, Tinamou varié, Acouchi, Grand tinamou, Ocelot, Grand tamanoir, Tayra, Ecureuil, Buse, Colombe, Opossums, Tatou géant, Pécari à lèvre blanche

Pécari à collier 

Les prochaines étapes

Après la biche, ce sera donc au tour du "tig marké" (jaguar) et du "maïpouri" (tapir) de passer sous les projecteurs de l’ONCFS.
Le piégeage photographique commencera pour le jaguar en saison sèche, en octobre, sur une superficie de 700 km², avec des stations à plusieurs kilomètres d’intervalle sur tout le Centre spatial guyanais.

Signée pour trois ans, la convention permettra d’étudier plusieurs espèces, mais aussi plusieurs milieux pour le même animal. Par exemple, pour la biche rouge, la forêt est le premier terrain étudié et les zones d’alternance bosquet/savane devraient être les prochaines.

A plus long terme, il est prévu de capturer des individus comme le jaguar ou le pécari à lèvres blanches pour les équiper de colliers GPS. Ce dispositif permet d’obtenir des données biologiques de référence, notamment de caractériser les zones de vie des espèces visées.


 

Vidéo du partenariat ONCFS/CNES sur le terrain 

 

Vidéo sur l’étude du pécari à lèvre blanche dans le Centre Spatial Guyanais