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Le projet Mérou : Bio-écologie et exploitation du mérou ...

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Biologie, écologie et répartition du mérou

Les mérous géants (Epinephelus itajara) vivent dans les eaux tropicales de l’océan Atlantique Ouest, de la Floride au sud du Brésil, et du Pacifique Est, de la Californie au Pérou.

Avec une taille pouvant dépasser les 2,50m et un poids atteignant jusqu’à 400kg, le mérou géant est l’un des plus gros poissons du monde.

Ils vivent sur des sites rocheux ou autour d’épaves dans les eaux peu profondes (jusqu’à 40m). Ce sont des poissons à durée de vie longue, croissance lente et à maturité sexuelle tardive (5 à 7 ans).

Ces caractéristiques et son comportement calme et curieux en font une espèce sensible à la surpêche et à la chasse sous-marine.

C’est pourquoi dans les années 1950, les populations de mérous géants ont décliné jusqu’à totalement disparaître sur toute une partie de leur aire de répartition (Côtes Africaines, Caraïbes).

mérou

Depuis 1996, le mérou géant est une espèce classée en danger critique d’extinction sur la liste rouge de l’IUCN (International Union for Conservation of Nature), signifiant le plus haut risque d’extinction de l’espèce dans un futur immédiat. C’est pourquoi son exploitation est strictement interdite sur la quasi-totalité de son aire de répartition (Floride, Golfe du Mexique, Caraïbes, Brésil, etc …), excepté en Guyane. En effet, les eaux troubles de la Guyane semblent protéger le mérou géant des activités de pêche sous-marine, et la population n’a pas subit de fort déclin comme chez ses voisins. La turbidité ne facilitant pas non plus l’étude du milieu marin, l’écologie et la biologie du mérou géant sont encore méconnues dans le département.

En 2009, la DIrection Régionale de l’ENvironnement (DIREN) Guyane lance un appel à projets « Biodiversité marine en Guyane française » auquel répond l’Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage (ONCFS) en partenariat avec l’Ifremer, l’Université de Floride, l’Université Antilles-Guyane, la Réserve Naturelle de l’Ile du Grand Connétable et le GEPOG.

Le projet sur la biologie, l’écologie et l’exploitation du mérou géant en Guyane Française est retenu. Cette étude est réalisée en collaboration avec les pêcheurs plaisanciers et professionnels de Guyane. Les objectifs du projet mérou sont multiples et s’intéressent aussi bien à son alimentation, à sa reproduction ainsi qu’à des aspects génétiques.

 

dépliant sur l'étude du mérou en Guyane

Le projet mérou

L’Association des Pêcheurs Plaisanciers de Guyane participe activement au projet de marquage des mérous géants, et sont à l’origine de plus de 50% des mérous marqués depuis le début de l’étude en 2007. Ils sont également invités, ainsi que les pêcheurs du Forum GuyanePêche, à venir lors des échantillonnages scientifiques réalisés à la réserve de l’île du grand Connétable, aux Ilets Rémire et aux Iles du salut.

Lors de ces échantillonnages, les poissons sont marqués, mesurés (longueur totale et pectorale), pesés dans la mesure du possible, le contenu stomacal et 2 épines dorsales sont prélevées avant de remettre le poisson à l’eau. Ainsi, on espére obtenir des informations sur la croissance des mérous géants de Guyane, la structure et la dynamique de la population (âge, taille, sexe, localisation), la période de reproduction, leur déplacement et leur lien avec les populations voisines.

Les scientifiques halieutes de Guyane développent donc de fortes collaborations internationales avec Christopher Koenig (Floride), James Locascio (Floride), Matthew Craig (Puerto Rico) et Beatrice Ferreira (Brésil) … afin de mieux connaître non seulement la population de mérou géant locale mais également les interactions avec les autres populations à l’international et ainsi, adapter les politiques de conservation et de protection de cette espèce.

 

Depuis le 26 août 2010, sur la base d’un arrêté du Préfet, pour les plaisanciers, la pêche du mérou géant en Guyane est limitée à un seul individu par bateau et par jour. C’est un signe fort pour la gestion d’une espèce fragile dont la biologie est encore aujourd’hui très peu connue.

 

Pour en savoir plus, contacter Céline Artero : Doctorante écologie marine : celine.artero.merou@gmail.com