Ecologie de l’Alouette des champs en hiver

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Du nouveau sur l’écologie de l’Alouette des champs en hiver

 

Doctorant au sein de l’Equipe Oiseaux migrateurs terrestres depuis 2009, Thibaut Powolny a défendu son travail de thèse sur l’Ecologie de la l’Alouette des champs le 18 Octobre 2012 Alouette des champs



Financé par l’ONCFS et en co-direction avec le Centre d’Etudes Biologiques de Chizé, ce travail s’est attaché à mieux cerner le mode d’occupation de l’espace agricole par les oiseaux en hiver ainsi que leur comportement de recherche alimentaire.

Associant des relevés de terrain réalisés sur la zone Atelier du CEBC-CNRS dans le sud des Deux-Sèvres et des expérimentations conduites sur des oiseaux maintenus temporairement en captivité, ces travaux fournissent de nombreux éclairages inédits.

 

Citons par exemple la mise en évidence du domaine vital réduit des oiseaux à cette époque de l’année (de l’ordre de quelques dizaines d’hectares), l’importance des parcelles de chaumes et des prairies comme sites d’alimentation privilégiés, le changement de fréquentation des couverts en réponse aux conditions climatiques (ex : épisodes neigeux) ou encore l’importance des graines d’adventices dans le bol alimentaire de l’espèce à cette époque de l’année.

Concernant ce dernier aspect, et à raison d’une consommation de l’ordre de 6 g. de graines par jour, ce sont ainsi 9 tonnes de graines adventices qui seraient nécessaires pour assurer la subsistance d’une population hivernante d’alouettes culminant sur la zone d’étude à environ 25 000 individus en janvier.

D’autres résultats apportent des éléments de réflexion importants sur les modes de conduite de certains itinéraires techniques et en particulier sur la généralisation des dispositifs CIPAN dans les plaines céréalières. En particulier, certaines expérimentations témoignent que les couverts denses et dépassant 30 cm augmenteraient la perception du risque de prédation chez les individus, se traduisant par une augmentation du temps alloué à la vigilance au détriment de celui alloué à l’alimentation.

Dans un troisième volet dédié à l’étude du phénomène de migration différentielle, les résultats mettent en lumière une forte variabilité spatiale du sex-ratio des populations hivernantes à l’échelle de la France. Les femelles se montreraient quasi-absentes des quartiers d’hivernage situés sur la moitié nord de notre pays.

L’étude du déterminisme de cette ségrégation, à travers une série de mesures de la physiologie des oiseaux, témoigne que les femelles se montreraient moins tolérantes aux conditions climatiques qui règnent aux latitudes les plus nordiques. Ce résultat suggère que le sud de notre pays ainsi que la Péninsule Ibérique pourraient constituer les quartiers d’hivernage privilégiés des femelles issues du Nord de l’Europe et empruntant la voie de migration Atlantique.

 

 

Thibaut Powolny

Faire face à l’hiver - Quelles réponses à l’hétérogénéité de la ressource en agro-écosystème ?

L’exemple de l’alouette des champs (Alauda arvensis)

Composition du jury de thèse :

Frank Cézilly, Professeur, Université de Bourgogne Rapporteur
Marcel Lambrechts, Directeur de recherche, CEFE-CNRS Rapporteur
Pierre-Yves Henry, Maitre de conférences, MNHN Examinateur
Olivier Pays-Volard, Maitre de conférences, Université d’Angers Examinateur
Frederic Grandjean, Professeur, Université de Poitiers Examinateur
Pierre Migot, Directeur des études et de la recherche, ONCFS Examinateur
Vincent Bretagnolle, Directeur de recherche, CEBC-CNRS Directeur de thèse
Cyril Eraud, Ingénieur, ONCFS Co-directeur de thèse

 

 Télécharger la thèse (25 Mo)

 Lien vers la thèse de Thibaut Powolny sur l'alouette des champs

Rédaction : Cyril Eraud & Jean-Marie Boutin, CNERA Avifaune migratrice