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Programme sur l’Oie cendrée en France
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Programme d’amélioration des connaissances sur l’Oie cendrée en France
La France sur la voie de migration nord-ouest européenne des oies cendrées
Les oies cendrées (Anser a. anser) observées en France en transit migratoire et/ou en hivernage appartiennent à la voie de migration ou « flyway » nord-ouest européen totalisant 610.000 individus avec une tendance à l’augmentation depuis les années 1990 (Fox et al., 2010).
Toutefois, il est admis que la population nord-ouest européenne comprend plusieurs entités dont l’écologie, le comportement migratoire et le statut de conservation peuvent différer. Cela a été démontré pour les populations scandinaves (voir en particulier Pistorius et al., 2006 et 2007), notamment celle de la Norvège, la plus migratrice, dont l’état de conservation ne serait pas satisfaisant (la chasse en Espagne et en France étant avancé comme l’un des facteurs explicatifs de cette situation).
Les données de baguage et marquage des individus avec des colliers, obtenues depuis plus de 25 ans montrent que les individus observés en France sont originaires de Norvège, Suède, Pays-Bas, Danemark et Allemagne. Les oiseaux norvégiens seraient les plus nombreux à transiter par la France pour aller hiverner en Espagne. L’origine des oiseaux transitant ou hivernant en Camargue n’est pas encore clairement identifiée.
Changements dans les comportements migratoires
Les études récentes sur l’évolution des effectifs et le comportement migratoire de cette espèce montrent des changements majeurs au sein de l’aire de répartition de cette population dont l’Espagne représente la limite sud de son aire d’hivernage : migration prénuptiale de plus en plus précoce (Fouquet et al., 2009), arrivée de plus en plus précoce sur les sites de reproduction nordiques (Nilsson, 2008), concentrations des oiseaux aux Pays-Bas en hiver (50% de la population estimée), tendance à la sédentarisation des oiseaux néerlandais (<5% des individus migrent vers le sud, Voslamber et al., 2010), hivernage récent dans le sud de la Suède.
En Espagne, les effectifs sont mal connus, excepté au marismas de Guadalquivir (Rendon et al., 2008) avec des variations annuelles en fonction des conditions du milieu, notamment la pluviométrie, qui agissent sur la durée de stationnement hivernal des oiseaux. Ainsi, peut-on observer une redistribution spatiale des oiseaux au nord de ce site majeur d’hivernage.
En France, les effectifs hivernants sont de l’ordre de 15.000 individus en janvier avec une tendance à la stabilité des effectifs depuis la saison 2004-2005, sauf en Camargue. Les prélèvements par la chasse s’effectuent principalement lors de la migration postnuptiale (estimation de l’ordre de 20.000 oiseaux pour la saison 1998-1999). A l’échelle de l’aire de répartition, les prélèvements (chasse, autres moyens de destruction pour limiter les dégâts agricoles) sont inconnus. Enfin, les effectifs en transit migratoire en France sont inconnus avec précision, et seule une estimation de 100.000 oiseaux a été faite dans les années 1980.
Des méthodes complémentaires pour une meilleure connaissance des effectifs
Les objectifs généraux de ce programme visent à mieux appréhender le fonctionnement de la population nord-ouest européenne et de compléter les informations relatives au changement de comportement migratoire de cette espèce en utilisant de nouvelles méthodes d’approche (suivi des individus par balises GPS en Norvège, Espagne, République tchèque et Camargue).
Ce programme s’appuie également sur des méthodes classiques (analyse des reprises de bagues, des données de la base baguage-marquage de Wetlands International, des prélèvements et des dénombrements à l’échelon national et le long du flyway, suivi des sites d’hivernage). Ces diverses méthodes complémentaires devraient permettre une meilleure connaissance des effectifs hivernant en Espagne et de leur utilisation de l’espace, de l’origine des oiseaux recensés en Camargue et de la proportion des différentes entités fréquentant la France en migration et en hivernage.
Un programme impliquant plusieurs partenaires scientifiques
Ce programme envisagé sur 3 ans s’articule autour de 6 volets discutés en 2010 et validés à la mi-janvier 2011 par le Groupe de travail (FNE, LPO, FNC, MNHN, ANCGE) mis en place à cet effet à la demande du MEDDTL. Ce groupe de travail, coordonné par l’Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS), représente aussi le comité de pilotage de ce programme auquel s’adjoindra, si nécessaire, les responsables scientifiques de chacun des volets.
Une synthèse des résultats obtenus dans chacun des volets, discutée et validée par le comité de pilotage, sera réalisée régulièrement, en fonction de l’état d’avancement.
Chaque volet du programme comprend un responsable scientifique et plusieurs partenaires scientifiques et techniques choisis en fonction du contenu du volet. Il est aussi assorti d’un budget prévisionnel.
A ce jour, le financement du programme est assuré uniquement par l’ONCFS et la FNC. En fonction des crédits alloués et des moyens humains disponibles, des priorités ont été accordées dans le choix des volets à démarrer en 2011.
Les volets 1, 3 et 4 du programme ont fait l’objet d’une présentation en commission technique de l’ONCFS le 15 juin 2011 et trois conventions de recherche d’une durée de un an sont en cours de rédaction :
volet 1 (convention avec L. Nilsson, Société d’études ornithologiques, Suède),
volet 3 (convention avec A. Green de la Station biologique de Donana, Espagne)
volet 4- (convention avec P. Musil, Université de Prague, République tchèque, et la Tour du Valat)
Les volets 2 (France), 5 (Norvège) et 6 (prélèvements) seront progressivement développés en fonction des moyens financiers et humains disponibles.
Des échanges et des discussions vont notamment être entamés en septembre 2011 pour le volet 2 relatif au suivi de l’hivernage et de la chronologie de la migration en France (degré d’implication des réseaux d’observateurs, définition des protocoles, en particulier pour la migration postnuptiale).
Concernant le volet 5 (Norvège), il a démarré en 2010 par la pose de 10 balises GPS sur des oiseaux norvégiens (partie du programme FNC).
V. Schricke
Coordinateur du programme
| Le groupe de travail a défini et élaboré le contenu de ce programme qui repose sur 6 volets : Volet 1 : Analyse historique et actuelle de la base de données baguage-marquage des oies de Wetlands International, et celle du CRBPO. Volet 2 : Suivi de l’hivernage et de la chronologie de la migration des oies cendrées en France. Volet 3 : Suivi de la migration et modalités d’hivernage de la population espagnole. Volet 4 : Origine et déplacements migratoires des oies cendrées hivernant en Camargue. Volet 5 : Suivi satellitaire d’individus norvégiens et suivi du succès de la reproduction. Volet 6 : Analyse des prélèvements le long du flyway atlantique Pour assurer la réalisation de ce programme, l’ONCFS en assurera la coordination et l’animation, avec l’ensemble des membres du groupe de travail. |
Références bibliographiques
Fouquet, M., et al. 2009. Greylag Geese Anser anser depart earlier in spring : an analysis of goose migration from western France over the years 1980-2005. Wildfowl, 59 : 145-153.
Fox et al., 2010. Current estimates of goose population sizes in western Europe, a gap analysis ans an assessment of trends. Ornis Svecica 20 : 115-127
Nilsson, L. 2008. Migration de retour des oies cendrées : de plus en plus tôt. Rapport déposé à la TRC par la LPO.
Pistorius et al. 2006. Decining winter survival and fitness implications associated with latitudinal distribution in Norwegian Greylag Geese Anser anser. Ibis 148 : 114-125.
Pistorius et al. 2007. A demographic comparison of two Nordic populations of Greylag Geese Anser anser. Ibis 149 : 553-563.
Rendon, M. A. et al., 2008. Status, distribution and long-term changes in the waterbird community wintering in Donana, south-west Spain. Biol. Cons. 141 : 1371-1388.
Voslamber, B.et al. 2010. Dutch Greylag Geese Anser anser : migrants or residents ? Ornis Svecica 20 : 207-214.








