Erismature rousse : Vigilance sur les origines ...

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Erismature rousse : Vigilance sur les origines captives

 

 

Le 24 décembre, la présence d’une érismature rousse est signalée sur une liste de discussion naturaliste. Elle a été observée sur l’étang de Canet (Pyrénées-Orientales), au milieu d’un groupe de foulques. L’information est communiquée aussitôt par la cellule technique au Service départemental afin que, dans le cadre du plan d’éradication de cette espèce, cet individu puisse être rapidement éliminé.

Début janvier, en l’absence de nouvelles observations sur ce site, les agents du SD66 effectuent des recherches sur les sites potentiels d’accueil les plus proches et découvrent 8 érismatures avec autres oiseaux à vocation ornementale sur un plan d’eau au milieu d’un parc d’agrément sur la commune de Saint Cyprien.

Le 9 janvier 2013, le service prend contact avec la municipalité qui sur la base des éléments fournis par la DER et présentés par les agents donne son aval pour éliminer les oiseaux.

Le plan d’eau se trouvant dans un parc entouré d’habitations, les agents (SD et BMI) interviennent entre midi et 14 heures, heures de moindre fréquentation et prélèvent rapidement les 8 érismatures.

Photo de 8 Erismatures rousses capturées - SD66 Laurent Dupont

 Cinq oiseaux sont identifiés par des bagues d’élevages inamovibles. Deux de ces oiseaux étaient volants et sans bague d’identification : sont-ils issus de la reproduction des individus captifs ou appartiennent-ils à la population sauvage ?

Cette opération est instructive à divers titres : situés sur un axe migratoire important en direction de l’Espagne, ces quelques couples étaient susceptibles via la production de jeunes volants laissés libres, de perturber par hybridation l’intégrité de la population espagnole d’érismature à tête blanche. Or, cette dernière est une espèce particulièrement menacée pour laquelle des plans d’action ont été mis en œuvre et au bénéfice de laquelle est réalisé un plan d’éradication de l’érismature rousse au niveau européen (convention de Berne). Dans ce cadre, le MEDDE vient de charger l’ONCFS de la rédaction et de la mise en œuvre d’un Plan national de lutte afin de respecter son engagement d’éradiquer l’espèce d’ici 2015.

Cette opération doit également éclairer notre action qui ne doit pas se limiter à la gestion de l’effectif sauvage de l’érismature rousse. Une vigilance doit être exercée sur sa population captive, notamment lorsque les conditions de détention sont susceptibles d’alimenter de nouveaux foyers de dispersion de l’espèce.
Enfin, elle révèle tout l’intérêt d’une sensibilisation permanente de réseaux d’observateurs actifs sur le terrain (FNE dans le cas présent).

 

 

Service départemental des Pyrénées Orientales,

Régis Gallais Cellule Technique - DIR Auvergne Languedoc Roussillon,
Jean-Marc Cugnasse, ONCFS, Direction des Etudes et de la Recherche