Unité Avifaune migratrice

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Sommaire

 

Bécasses des bois : prévisions d’abondance 2015-2016

Réunion du Goose Specialist Group en janvier 2013

L’ONCFS en Afrique et le suivi des oiseaux d’eau migrateurs

Parution de "Dombes, d’Hommes et d’Oiseaux" de Maurice Benmergui

 

 

Unité Avifaune Migratrice : les projets en cours

 

L’étude des oiseaux migrateurs est complexe, de par les intérêts cynégétiques qu’ils suscitent et la difficulté d’appréhender leur statut de conservation. Une contrainte majeure est en effet l’échelle géographique nécessaire pour appréhender correctement l’évolution de ces espèces. Ainsi leur aire de nidification peut-elle s’étendre de l’Europe à l’Asie et l’aire d’hivernage jusqu’en Afrique du sud. Plusieurs collaborations internationales ont été instaurées pour répondre à cette exigence.

 

Une part importante des travaux initiés à l’échelle nationale par le CNERA Avifaune migratrice s’appuie sur des réseaux de collecte d’informations pour mieux connaître le statut des espèces, en particulier leur tendance évolutive. Ces suivis nécessitent également la mise au point d’outils fiables, ce qui constitue une autre priorité. La compréhension des phénomènes observés nécessite des études sur les mécanismes, tels que la dynamique des populations ou la modification des habitats. Dans une dernière phase, des recommandations de gestion des espèces et des habitats sont élaborées après avoir été testées et validées. Pour les espèces gibier, l’objectif est de construire un système de monitoring intégré prenant en compte le statut, les paramètres démographiques, les prélèvements cynégétiques et l’évolution des habitats. Des modèles prédictifs peuvent être ainsi élaborés, lesquels contribueront à une meilleure gestion des espèces et de leurs habitats. Pour répondre aux objectifs, les études et recherche au sein du CNERA Avifaune migratrice sont articulés en cinq pôles.

 

 

Habitats - Zones humides

L’année écoulée a vu la poursuite des projets de recherche orientés principalement sur les étangs piscicoles, en particulier l’étude des potentialités trophiques pour les Anatidés notamment en Dombes et en Brenne. L’étude plus spécifique sur les carrières alluvionnaires en Champagne-Ardenne doit, quant à elle, conduire à des recommandations pratiques de gestion.

Le suivi des habitats sensibles est un autre volet. Il est réalisé soit à partir d’enquêtes, en particulier pour les roselières, soit grâce au réseau "Oiseaux d’eau et zones humides" ou encore via un observatoire pour les prairies de fauche. Ce nouvel observatoire permet un suivi à l’échelle nationale d’un type d’habitat qui héberge de nombreuses espèces à haute valeur patrimoniale comme le râle des genêts. Son "exportation", en particulier vers les pays candidats à l’Union européenne, est d’ores et déjà envisagée.
Enfin, de nombreuses actions sont réalisées dans la Dombes, zone d’intérêt national pour la nidification et l’hivernage des oiseaux d’eau, dans la perspective de créer un observatoire régional.

 
Migrateurs terrestres (Alaudidés, Colombidés et Turdidés)

L’étude sur les turdidés, en particulier le suivi de l’hivernage par le baguage des oiseaux, et l’étude du fonctionnement des populations de merle noir ont été poursuivies.
Le nouveau programme "Démographie des colombidés nicheurs en France" s’est étendu comme prévu en 2002 dans le Nord et l’Est de France. L’objectif est d’atteindre une couverture nationale en 2004. Les recherches portent essentiellement sur la survie et la dispersion postjuvénile, en particulier chez le pigeon ramier, à partir du baguage des poussins au nid. Cette étude contribuera à une meilleure connaissance du fonctionnement des populations de colombidés en France et à une évaluation de l’impact de la chasse sur ces espèces. Un nouveau projet sur la dynamique des populations de la tourterelle turque a également débuté en collaboration avec l’Université de Bourgogne.

Le suivi annuel des tendances évolutives des populations de ces espèces à l’échelle nationale est réalisé par le réseau "Oiseaux de passage" pour les effectifs nicheurs et par une enquête " flash " en janvier pour l’évaluation de la répartition spatiale des effectifs hivernants.

 
Bécasse et bécassines

Le suivi des effectifs nicheurs et hivernants de Bécasse des bois en France est réalisé à l’échelle nationale grâce aux informations récoltées par le réseau Bécasse ONCFS/FNC/FDC. Des opérations de baguage complètent le dispositif. Elles permettent d’une part d’estimer les taux de survie des oiseaux qui fréquentent notre pays et d’autre part de mieux connaître leurs déplacements, en particulier lors des vague de froid.

Ce suivi des populations est complété au niveau international par une collaboration très étroite avec des organismes étrangers, en particulier en Russie, tant en période de reproduction qu’au cours du cycle migratoire.

Deux études approfondies sur l’écologie comportementale de la Bécasse des bois en hiver et sur l’impact de la perturbation liée à l’activité cynégétique ont été réalisées en Bretagne [Forêt de Beffou (22) et Forêt de Pont-Calleck(56)]. Les résultats obtenus ont permis de mieux comprendre l’utilisation de l’espace forestier mais aussi des milieux ouverts avoisinants ainsi que les conséquences d’un dérangement intensif. Une étude concernant des aménagements expérimentaux pour favoriser l’accueil de la Bécasse des bois dans ses remises diurnes en hivernage est en cours. Enfin, un travail fondé sur l’analyse des ratios isotopiques contenus dans les plumes devrait conduire à une connaissance accrue de l’origine géographique des bécasses qui transitent ou hivernent en France. Des répercussions directes en terme de gestion de l’espèce en hivernage découleront de ces travaux.

Le baguage de bécassines des marais et de bécassines sourdes est bien développé en France puisqu’ environ un millier d’oiseaux sont bagués chaque année. En outre, une estimation des effectifs nicheurs de Bécassine des marais en Russie européenne est en cours. Elle devrait se prolonger par un suivi régulier de cette population dont est originaire une majorité des migrateurs et hivernants en France.

L’objectif de ces travaux est de pouvoir disposer à terme d’indicateurs pertinents sur l’état de conservation de ces espèces.

 
Limicoles et espèces protégées

Un protocole permettant le suivi des limicoles continentaux en période d’hivernage, essentiellement le vanneau huppé et le pluvier doré, a été établi. II sera opérationnel pour la période 2003-2004. Le suivi du vanneau huppé en période de reproduction a été reconduit en adéquation avec le plan de gestion préparé à la demande de la DG Environnement de la Commission européenne. Les recherches sur les limicoles côtiers se poursuivent et visent à une meilleure connaissance des populations transitant par la voie Est-atlantique, aussi bien en France qu’en Afrique occidentale.

 
Anatidés

L’objectif principal des projets développés sur ces espèces est de mieux appréhender le fonctionnement des populations qui hivernent en France, ainsi que les prélèvements cynégétiques réalisés et leur impact.
Plus particulièrement, le nouveau projet d’étude sur la sarcelle d’hiver a permis le développement du baguage sur deux sites majeurs pour l’hivernage de cette espèce, la Camargue et l’estuaire de la Loire, et un test sur l’estuaire de la Seine. Au préalable, une nouvelle analyse des données récoltées en Camargue (plus de 60 000 captures) a été effectuée, en partenariat avec la Station de la Tour du Valat. D’autres études portent sur la connaissance des prélèvements et leur analyse, en comparaison avec les effectifs comptés.

Le réseau "Oiseaux d’eau - Zones humides" a poursuivi la collecte d’informations sur l’hivernage des canards et foulques sur un échantillon de sites majeurs. Plusieurs synthèses régionales sont désormais disponibles. Une collaboration est en cours avec l’Institut français de l’environnement dans le cadre de l’Observatoire national des zones humides.

Le CNERA Avifaune migratrice a également participé activement aux actions développées par les ONG, notamment Wetlands International, ou bien à des accords internationaux comme l’AEWA. C’est ainsi que le réseau de suivi des populations d’oiseaux d’eau en Afrique subsaharienne a poursuivi ses activités. Dans le cadre de ce projet plusieurs missions ont été effectuées, en particulier au Sénégal et en Guinée Conakry. Ce projet de coopération doit conduire à un projet de recherche sur les anatidés qui sera développé sur les trois bassins majeurs que sont le lac Tchad, le delta intérieur du Niger et l’estuaire du Sénégal.

Jean-Marie Boutin, - responsable du CNERA Avifaune migratrice

 
Source : Rapport scientifique 2002, ONCFS - juillet 2003
Contact : cneraam@oncfs.gouv.fr