Unité FM : les projets en cours

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Les études réalisées sur les galliformes par le CNERA Faune de Montagne illustrent bien l’intérêt de l’approche pluridisciplinaire combinant les méthodes directes et indirectes dans les problématiques de gestion de la faune sauvage et de ses habitats.

Les premiers suivis démographiques des populations par comptages ont été initiés à la fin des années 70 puis harmonisés avec la création de l’Observatoire des Galliformes de Montagne, qui fédère de nombreux organismes et associations. L’ensemble des informations recueillies sont stockées dans des bases de données spatialisées combinant des informations relatives à l’estimation des effectifs, l’évolution des aires de répartition, l’estimation annuelle du succès de reproduction, la sélection des habitats de reproduction, d’hivernage et de chant.

 

D’autre part des suivis individuels par radio-pistage ont été réalisés sur les différentes espèces afin d’estimer des paramètres démographiques comme la survie des adultes et des juvéniles, de quantifier de manière fine les paramètres de reproduction et d’étudier les modalités de la dispersion. Dans le cas du tétras-lyre par exemple, la modélisation a montré que le taux de croissance des populations est plus sensible à des variations de la survie après l’envol qu’à des variations du succès de la reproduction. Les données sur la dispersion sont précieuses pour formuler des hypothèses non seulement sur la structuration des populations mais également sur l’organisation spatiale.

 

 

Toutes ces hypothèses peuvent être confirmées par l’approche indirecte au moyen de l’outil génétique. Cet approche donne des informations complémentaires permettant d’orienter les efforts de gestion. Par exemple pour le lagopède alpin, l’outil moléculaire met en évidence la vulnérabilité des populations pyrénéennes et montre que la gestion de cette espèce devrait être conduite à une échelle très vaste. Pour le tétras-lyre, il a permis de formuler l’hypothèse selon laquelle la plupart des massifs où l’espèce est présente sont interconnectés. Des analyses ultérieures sont prévues pour modéliser l’influence des composantes du paysage sur les flux de gènes et donc sur la dispersion.

 

 

Concernant les ongulés, les études de dynamique des populations se sont jusqu’à présent, plus souvent focalisées sur les variations temporelles que sur les problèmes d’échelle spatiale, en grande partie à cause d’un manque de méthodes d’étude appropriées et de données.

 

Pour répondre aux besoins de gestion de ces populations d’ongulés, il est maintenant essentiel :

 
(1) de déterminer à quelle échelle spatiale fonctionnent les populations d’ongulés en montagne, à partir d’informations sur les localisations individuelles, les flux géniques, l’hétérogénéité de l’habitat et les structures épidémiologiques
(2) d’établir un modèle prédictif de la dynamique des populations prenant en compte les différentes échelles spatiales et les différents impératifs de gestion des espèces et des habitats.

 

Ces approches peuvent dorénavant être abordées grâce aux nombreuses données recueillies sur le chamois, l’isard, le mouflon et le bouquetin dans le cadre des suivis à long terme réalisés sur les réserves nationales de chasse et de faune sauvage de l’ONCFS.
En outre, la complexité croissante de la guilde des grands herbivores en montagne (chamois, mouflon, cerf, chevreuil, sanglier, bouquetin) permet maintenant d’aborder sur un même site, les mécanismes de coexistence des espèces sauvages (sans oublier le développement des grands prédateurs : loup, lynx, renard, ours) et l’influence qu’excercent les activités humaines directes (conduite des troupeaux : moutons, vaches, chèvres, chevaux) et indirectes (modifications des paysages par la foresterie ou la fragmentation) sur ces mécanismes.

 

Ces travaux de recherches poursuivis par le CNERA Faune de Montagne en collaboration avec d’autres organismes sont indispensables pour assurer la mise au point de méthodes de suivi et de gestion efficaces qui doivent pouvoir pérenniser la présence de ces populations dans leur environnement naturel et leur cohabitation avec les activités humaines (chasse, tourisme, élevage).

 

 

Daniel Maillard, - responsable du CNERA Faune de Montagne

Source : Rapport scientifique 2002, ONCFS - juillet 2003
Contact : cnerafm@oncfs.gouv.fr