Les études de l’Unité Faune de Plaine

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Les cinq espèces étudiées par le CNERA (perdrix grise et rouge, faisan commun, lapin et lièvre) constituent la base de la chasse en plaine en France.

SOMMAIRE

Généralités

Perdrix grise, faisan

Perdrix rouge

Lapin de garenne

Lièvre

 

Généralités

Leurs populations ont en commun de fluctuer très fortement d’une année et d’un endroit à l’autre et d’être dépendantes de nombreux facteurs externes : mode de gestion par la chasse bien sûr mais aussi structure du paysage, agriculture, prédation, conditions climatiques et, essentiellement pour les lagomorphes, maladies. Des facteurs de régulation internes peuvent aussi jouer de façon importante : densité-dépendance, dispersion. L’objectif principal du CNERA, dans un contexte d’évolution souvent défavorable des populations, est par ordre d’approfondissement et de difficulté croissants, d’assurer le suivi intégré de populations afin d’en mieux comprendre le fonctionnement et d’évaluer la part des différents facteurs de régulation, d’établir les modalités de leur gestion par la chasse les plus efficaces pour un maintien durable des niveaux d’abondance et, dans la mesure du possible, de déterminer les modes de gestion les plus favorables de l’environnement dans lequel elles évoluent. Le degré d’atteinte de cet objectif est variable selon les espèces, plus ou moins faciles à étudier, ne serait-ce qu’au niveau des simples suivis démographiques.

 

Pour les perdrix, espèces dont il est assez aisé de déterminer l’abondance et le succès de la reproduction, le curseur est plus sur l’approfondissement de la connaissance de la dynamique des populations et l’étude de ses relations avec l’environnement.

 

Pour les lagomorphes, des méthodes de suivi des populations avant reproduction ont été mises au point, elles fournissent des indices d’abondance plus précis pour le lièvre que pour le lapin. Aucune méthode d’estimation avant chasse du succès de la reproduction n’est disponible, ce qui complique la gestion des prélèvements cynégétiques et suppose encore des phases de recherche ou de tests. L’étude de la dynamique spatio-temporelle des populations de ces espèces est le thème principal des travaux du CNERA, en particulier en relation avec les maladies virales qui les touchent (myxomatose, RHD et EBHS).

 

La situation du faisan est assez différente. Les moyens d’étude ont été jusqu’à présent surtout consacrés à l’amélioration des techniques de reconstitution de populations sauvages. Grâce à cela, leur nombre ne cesse d’augmenter et l’orientation des études est de les suivre et de pouvoir en assurer la meilleure gestion possible.

 

Le CNERA est constitué de quatre équipes, chaque équipe menant des études sur une espèce (perdrix rouge, lapin, lièvre) ou deux (perdrix grise – faisan). Il disposait en 2009 pour ce faire de 9 ingénieurs ou ingénieurs des travaux, 7 techniciens de l’environnement et 4 personnels administratifs.

 

Voici les orientations principales des travaux des différentes équipes :

 

1/ perdrix grise et faisan

  a/ la perdrix grise

 Les travaux récemment menés sur la perdrix grise (ou en cours d’achèvement) ont porté essentiellement sur les relations entre l’état des populations et l’environnement dans lequel elles vivent, en particulier en plaines de grande culture, que ce soit par une approche corrélative où l’on essaie de mettre en relation des variations de caractéristiques d’environnement (paysage, agriculture, conditions climatiques) et des variations démographiques ou par une approche expérimentale avec le test d’aménagements.

Actuellement, des essais sont en cours pour faire reproduire en captivité des oiseaux sauvages et tester la qualité (survie, reproduction) de leurs jeunes en vue de repeuplements, à l’instar de ce qui est réalisé en routine maintenant par l’ONCFS pour le faisan. Parallèlement, des analyses génétiques sont en cours pour caractériser différentes souches.

 Un vaste programme sera lancé courant 2010 pour mettre à jour les données démographiques, notamment la valeur des paramètres de reproduction. L’accent sera mis dans cette étude sur les impacts indirects des pratiques agricoles, en particulier de l’utilisation de produits phytosanitaires sur l’étho-démographie de l’espèce.

  b/ le faisan

 Les recherches menées sur le faisan commun, après avoir concerné surtout les repeuplements, sont maintenant aussi orientées vers l’amélioration des méthodes de suivi des populations, notamment par l’optimisation voire l’automatisation des comptages des coqs chanteurs.

 

Les suivis des populations constituent par ailleurs une activité importante de l’équipe. D’une part, elle centralise toutes les données collectées dans le centre-nord de la France pour la gestion des espèces par l’intermédiaire du réseau perdrix/faisans ONCFS/FNC/FDC pour les valoriser en termes de suivis démographiques. D’autre part, elle tire parti du réseau « oiseaux de passage » pour disposer d’un suivi de la présence du faisan commun au printemps à l’échelle nationale. Pour compléter ces données, elle a mis en place une enquête nationale sur le statut et la gestion de toutes les espèces de petit gibier sédentaire à l’échelle communale ainsi qu’un suivi intégré (monitoring) du milieu de vie des oiseaux de plaine pour recueillir un descriptif des pratiques agricoles, de l’abondance des insectes et des prédateurs.

 

2/ perdrix rouge
 L’approfondissement de la connaissance de la dynamique des populations de perdrix rouge et l’évaluation de l’impact de mesures d’aménagement de l’habitat sur la petite faune sont deux axes forts des études menées par cette équipe du CNERA dans le sud de la France. La validation de techniques de suivi permettant d’estimer la densité des populations à l’échelle de territoires mais également d’évaluer le statut de l’espèce et son évolution sur de plus vastes surfaces (région méditerranéenne) fait également partie des objectifs. Pour l’heure, des suivis démographiques à long terme sont mis en œuvre par l’équipe ou sous forme de partenariat sur une dizaine de terrains témoins.

 Enfin, l’équipe est très impliquée dans la mise au point d’outils de vulgarisation pour la gestion de l’espèce et de ses habitats en milieux méditerranéens.

 

3/ lapin de garenne
 Les travaux sur le lapin s’articulent autour de quatre axes de recherche principaux :

  • le premier est l’étude des maladies, de leur impact et surtout du fonctionnement des systèmes hôte-virus, très complexe du fait de l’interdépendance de multiples facteurs (par exemple, taille des populations, souches de virus, phénomènes de résistance, structure spatiale des populations, etc..). Ces travaux donnent lieu à un étroit partenariat avec plusieurs autres organismes scientifiques.
  • Le deuxième axe est la poursuite de l’analyse du fonctionnement des populations et de leur fragmentation, en particulier par la mesure de la dispersion des juvéniles.
  • Le troisième axe est l’étude de l’influence de diverses conditions de lâcher sur la réussite des repeuplements.
  • Le quatrième est l’étude de la gestion des prélèvements pour déterminer les conditions qui permettent d’optimiser les prélèvement en prenant en compte le caractère aléatoire des épidémies dans un objectif de gestion durable des populations

4/ lièvre 
 Le programme de recherches conduit sur le lièvre est composé de multiples facettes allant de mises au point méthodologiques jusqu’à l’expérimentation de gestion par la chasse ou de modification d’un facteur de régulation. On peut ainsi citer entre autres le test de la mesure de l’âge-ratio des animaux prélevés à la chasse par radiographie des pattes, l’étude d’indices cynégétiques d’abondance, des travaux d’épidémiologie concernant l’EBHS, l’étude de la dispersion juvénile et de la diversité génétique des populations ou encore la mesure de l’impact d’une limitation de l’abondance du renard sur la démographie d’une population.

L’équipe apporte également son soutien à plusieurs Fédérations départementales des chasseurs pour mettre en place des suivis de populations sur de vastes échelles, pour traiter les données correspondantes ou encore pour adapter des outils de gestion.

A noter que cette équipe achève par ailleurs des études démographiques sur le lièvre américain à St Pierre et Miquelon et suit la mise en place d’une étude de la biologie de la reproduction du lièvre à collier noir à La Réunion.